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Le blog de Cédric Maisse

Point 8 du conseil d'Amiens-Métropole du 16 décembre 2010 – Impôts directs locaux. Fiscalité additionnelle. Année 2011.Avec les interruptions de G. Demailly destinées à faire obstruction.

18 Décembre 2010 , Rédigé par Cédric Maisse

 seigneur01

Cédric MAISSE :

- Je voudrais m'exprimer sur la fiscalité additionnelle parce que j'ai voté le budget mais j'aimerais expliquer mon vote là.

 

Gilles DEMAILLY :

- Donc, je vous en prie. Explication de vote.

 

Cédric MAISSE :

- J'ai écouté les réponses de l'exécutif. J'ai entendu que des vice-présidents se contredisaient. Il y en a qui disent qu'on a le choix d'autres que l'on n'a pas le choix. Je trouve que cela manque de cohérence.

Parlons de l'esprit métropolitain. On disait qu'un coup de couteau avait été porté dans le dos de l'esprit métropolitain. Je signale que je n'ai pas pu participer aux discussions sur le budget lors des séminaires.

Il faut tenir compte que le pouvoir d'achat a baissé de 0,4 % globalement en France cette année. On sait que, comme vous l'avez dit tout à l'heure, l'effort va porter sur les classes moyennes. Presque la moitié des gens vont être plafonnés dans le versement de leurs impôts. Je rappelle que la population de la zone d'emplois d'Amiens est jeune, elle a des revenus moindres que la moyenne. L'augmentation des impôts va avoir un impact sur l'attractivité de notre métropole. Notre solde migratoire est négatif. L'augmentation peut remettre en cause notre attractivité. On fait en sorte d'attirer les entreprises et on remet en cause cet effort de notre collectivité.

Amiens est une ville beaucoup moins riche que les autres. Sa population est beaucoup plus touchée par le chômage. Amiens a 1 % de chômeurs en plus que la Picardie qui, elle-même, a 2% de plus par rapport à la moyenne nationale. Tout cela rejaillit sur l'ensemble des familles. Pour moi, c'est un problème d'augmenter les impôts dans un contexte de difficultés financières accrues pour nos concitoyens. On ne se différencie pas de ce qui se passe ailleurs en France mais aussi en Europe. Dans beaucoup de pays européens, on augmente les impôts.

Il y a aussi le problème de la cohérence politique. Je rappelle que la gauche, quand elle était...

 

Gilles DEMAILLY :

- Monsieur Maisse, je suis désolé, je souhaite que... Cela fait plus de Trois heures et demie que l'on débat sur cette question là. Je souhaite que votre intervention soit courte. Je rappelle qu'il y a énormément de points à l'ordre du jour. Je vois un certain nombre de gens qui quittent la salle. Il y a des choses que l'on doit absolument voter cette année sous peine de perdre un certain nombre de subventions de la part de l'État, donc je demande que vous soyez bref.

 

Cédric MAISSE :

- Je suis d'accord, vous m'avez cité donc il faut bien que je vous réponde à un moment donné.

 

Gilles DEMAILLY :

- Je vous ai...

 

Cédric MAISSE :

- Hé bien oui, je peux répondre quand même. Je disais donc que la gauche avait lutté en son temps contre la taxe additionnelle et que je m'étais abstenu [ensuite, en décembre 2008,] sur le principe de cette taxe. Et je tiens à expliquer pourquoi.

Gilles de Robien avait mis en place cette taxe. Il l'avait mise à 0 % notamment à cause d'une opposition de la gauche.

En plus on me taxe assez souvent, quand je fais des propositions alternatives d'être démagogue, irresponsable et tout cela et vous, vous avez promis, à un moment donné, de ne pas augmenter les impôts et peu importe que ce soit au niveau d'Amiens ou d'Amiens-Métropole. Moi je demande qui est démagogue parce que je commence à en avoir marre d'être traité comme cela.

Ensuite la taxe professionnelle : sa suppression est remplacée par plusieurs impôts. On ne sait pas trop ce qu'ils vont rapporter et ça...

 

Gilles DEMAILLY :

- Monsieur Maisse, je suis désolé mais on ne va pas refaire le débat sur le budget...

 

Cédric MAISSE :

- Non, je tiens à répondre. Donc il est sûr...

 

Gilles DEMAILLY :

- Mais vous pouviez intervenir au moment du budget. Vous ne l'avez pas fait.

 

Cédric MAISSE :

- C'est pareil. C'est une délibération, je tiens à m'exprimer. Je n'ai plus grand-chose à dire. Vous pourriez au moins avoir la patience d'écouter. C'est toujours à moi que vous coupez la parole.

 

Gilles DEMAILLY :

- Il y a une cohérence, Monsieur Maisse, il y a le vote du budget... La question de la fiscalité, on en a débattu.

 

Cédric MAISSE :

- Attendez que j'ai fini.

 

Gilles DEMAILLY :

- Je vous demande de respecter l'ensemble des membres.

 

Cédric MAISSE :

- Moi, je vous ai respecté, je vous ai écouté pendant plus d'un quart d'heure, c'est bon !

Les grandes entreprises vont être moins taxées. La taxation est injuste car ce sont les grandes entreprises qui vont être exonérées alors que les petites entreprises vont être plus mises à contribution.

Et j'avais posé comme question au débat d'orientation budgétaire, des impôts pour quoi faire ? Et on a parlé beaucoup de la citadelle. Pour moi, c'est toujours un projet qui est risqué et qui est de la compétence de l'État. Pourquoi faire ce que ne fait pas l'État alors qu'il restreint toujours plus ses moyens [aux collectivités]. Dire que le transfert des étudiants à la citadelle peut contribuer à sauver l'université [à Amiens] est un argument valable. Je veux bien entendre cet argument et je veux bien entendre qu'investir dans ce projet est intéressant. Sauf que je m'étonne que l'on ne l'ait utilisé que maintenant. On aurait pu me l'opposer bien avant. Mais c'est un argument à double tranchant. Pourquoi investirait-on dans un projet que l'État peut remettre en cause à tout moment ? Et comme il a été rappelé : il y a 11 pôles universitaires et Amiens n'est pas compté dedans. Pourquoi faire autant d'investissements dans ce projet ?

Quant à l'autofinancement, c'est la réduction de l'endettement mais remplir les caisses pour 2014 pour un potentiel successeur, est-ce que cela vaut le coup ?

Au sujet du désengagement de l'État, Nicolas Sarkozy a décidé d'étouffer financièrement les collectivités car elles ne sont pas de sa couleur politique...

 

Gilles DEMAILLY :

- Monsieur Maisse, je...

 

Cédric MAISSE :

- Je finis, je finis...

 

Gilles DEMAILLY :

- Je peux vous demander pour combien de temps vous en avez encore. Je crois que...

 

Cédric MAISSE :

- Je finis.

 

Gilles DEMAILLY :

- On connaît largement vos arguments. Concluez !

 

Cédric MAISSE :

- Laissez-moi finir... La volonté du pouvoir central de Nicolas Sarkozy est d'imposer sa politique de rigueur et d'austérité. Et le piège est de suivre cette politique sans avoir la volonté d'y résister sauf que l'augmentation des impôts peut renforcer les services publics et [permettre de] réaliser certains de nos projets. On ne nous laisse pas le choix. Il y aussi le problème des compétences. Un argument de Jean-François Vasseur disait que [Gilles de Robien] a pris toujours plus de compétences sans en prévoir le financement me paraît un argument convainquant qui a été développé ici comme au débat d'orientation budgétaire. C'est pourquoi je m'abstiendrai.

Et j'aimerais bien pouvoir m'exprimer jusqu'au bout sans être interrompu !

 

Gilles DEMAILLY :

- Je dis simplement que, dans une assemblée, il doit y avoir davantage de cohérence car lorsqu'on vote le budget, on vote les recettes y compris on a le courage de voter la taxe additionnelle. Si, effectivement, on est contre, certains l'ont fait. On vote contre le budget, on vote contre la taxe. Je crois que les deux doivent être cohérents. Donc je ne comprends pas votre vote.

 

Cédric MAISSE :

- je fais ce que je veux !

 

Gilles DEMAILLY :

- Exactement (rires dans l'assemblée). Vous faites ce que vous voulez avec votre propre cohérence. Je ne dis pas le contraire.

 

CONTRE : 22

ABSTENTIONS : 2 (M.-H. LOEW et C. MAISSE)

POUR : 65

 

j'ai mis entre crochets des éléments destinés à préciser le propos et que je n'ai pas pensé à dire. En effet, en plus d'être interrompu par G. Demailly, des élus d'Amiens me lançaient des piques, entièrement ineptes, pour tenter de me déstabiliser. Belle mentalité pour des gens qui s'affichent à gauche...

On peut voir les débats en vidéo sur le site officiel de la mairie d'Amiens.

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