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Le blog de Cédric Maisse

Point 62 du conseil d'Amiens-Métropole du 16 décembre 2009 – Plan Univer-Cité. Contrat de Projet Etat Région de Picardie 2007 –2013. contrat complémentaire n°2

17 Décembre 2009 , Rédigé par Cédric Maisse

Cédric Maisse :

 

Il est évident que les mots en disent plus long que ce que l'on croit habituellement. Ainsi rien que le titre du projet : UNIVER-CITE. On nous dit que l'université va revenir en centre-ville. Depuis quand la citadelle est-elle située dans le centre-ville ? Elle a été construite au XVII° siècle pour défendre les portes d'Amiens. Donc elle était extérieure à la ville. A présent c'est une enclave inutilisée qui sépare le quartier nord du reste de la ville. On pourrait l'aménager de façon moins onéreuse... ainsi si on y installe des associations, elles pourraient faire le lien entre le quartier nord et le centre-ville.

En commission monsieur Cardon a parlé d'une révolution urbanistique. Le terme est bien trop fort. Il vise à masquer une politique qui s'est mise en place au début des années 1990. En effet, à la suite du mouvement social de mai 1968, les pouvoirs publics se sont convaincus qu'il fallait isoler les étudiants du reste des habitants. Ils ont donc fait construire les nouvelles universités en périphérie des métropoles : c'est le cas à Amiens mais aussi à Lille avec Villeneuve d'Asc. Seulement à la fin des années 1980, on s'est rendu compte que les étudiants étaient plus devenus des consommateurs que des contestataires de la société de consommation. Partout en France, les pouvoirs publics ont donc décidé de ramener les étudiants en centre-ville sans oublier toutefois de séparer les étudiants les uns des autres. Ainsi Gilles de Robien a fait installer les étudiants de droit et d'économie en ville. Cela a contribué à dévitaliser le campus de Salouel et à destructurer cette communauté estudiantine. Le but était bien d'isoler les facultés les unes des autres pour freiner les mouvements de contestation.

De plus l'arrivée des étudiants à Saint Leu a initié les projets de la ZAC cathédrale. Cela a changé la physionomie du quartier auquel on a voulu faire prendre des airs de quartier latin.

Aujourd'hui, le projet de transfert des étudiants du campus vers la citadelle s'inscrit dans la poursuite du projet de Gilles de Robien. Monsieur Nemitz a appelé cela en commission la continuité républicaine. Il est intéressant de noter que l'absence de rupture dans les projets entre la droite et la gauche soit appelée continuité républicaine. J'appellerai plutôt cela du conformisme... On suit l'idéologie dominante sans même s'interroger sur ce que l'on fait.

 

Le projet en lui-même

 

- Il est prévu qu'Amiens-Métropole dépense 35 millions d'euros alors que l'Etat va en dépenser 26 millions. Sans cesse on accuse l'Etat de se désengager mais, dans ce projet, on l'encourage à ne pas remplir ses responsabilités dans le développement des universités. Il faut être cohérent. On ne peut pas à la fois accuser l'Etat de ne pas remplir son rôle et se substituer à lui. Sinon on lui donne raison.

Et tout cela au moment où l'Etat va retirer la source de financement qu'est la taxe professionnelle. Je crains que l'on demande à tous les services de faire des économies de fonctionnement pour financer le projet phare qu'est la citadelle...

- En fait, la ville d'Amiens a pour responsabilité de s'occuper de l'impact en terme d'urbanisme et de stationnement. Amiens-Métropole a pour mission d'établir des lignes de bus pour acheminer les étudiants à l'université. Donc les collectivités locales ont pour rôle d'accompagner le projet et c'est à l'Etat d'être à l'initiative. Ici, c'est l'inverse. L'Etat semble même prendre ses distances. Le président d'université actuel ne semble très emballé par le projet. Il demandait même plutôt la modernisation du site du campus. On m'a dit qu'il avait changé d'avis... Je demande à voir.

- Quel va être l'impact sur le quartier Saint Maurice ? Un quartier populaire. Il y a un risque de spéculation immobilière sur le logement étudiant. Des maisons amiénoises vont être transformées pour créer de minuscules chambres d'étudiants. Les loyers risquent d'augmenter dans le quartier. Ce qui peut aboutir à rejeter un peu plus en périphérie les familles qui ont peu de revenus. La vie du quartier sera rythmée en fonction des vacances universitaires comme dans le quartier Saint LEU.

- Pour le stationnement ? On sait que le stationnement est un problème au campus. Qu'y a-t-il de prévu. On ne sait rien là-dessus. Où les étudiants vont-ils se garer ?

- Est-ce que le coût des travaux tient compte de la nécessaire préservation du patrimoine architectural et environnemental (les chauve-souris) ? A-t-on un projet de valorisation touristique du site ?

- Il me semble que le site est bien exiguë pour placer là toutes les facultés de sciences humaines avec l'IUFM, la bibliothèque universitaire et la présidence. Finalement ne risque-t-on pas de voir rester au campus la sociologie, la philosophie et la psychologie , Cela accentuerait la parcellisation du monde étudiant sur le territoire notre collectivité.

- A propos de l'IUFM, n'est-il pas périlleux de programmer des travaux pour un institut dont l'existence est remise en cause par la réforme actuelle ? On fait comme si l'Etat n'était pas le maître dans tout ce qui concerne l'enseignement supérieur. On risque d'aménager des locaux qu'il faudra ensuite adapter à d'autres usages...

- il y a un risque aussi de sous-utilisation du campus si toutes les facultés de sciences humaines partent. L'Etat a investi beaucoup d'argent dans les années 1990 sur le campus (ex : amphi Robert Mallet). Ce ne sont pas les étudiants de médecine et de pharmacie qui ont besoin de tant d'équipements...

- J'ai rencontré des étudiants. je rappelle au passage que les acteurs de l'université ne sont pas seulement les professeurs d'université. Ils m'ont dit qu'il manquait dans le projet l'implantation d'un restaurant universitaire. Veut-on faire la fortune des sandwicheries et de la restauration rapide ? Et même si, par hasard, il est décidé de construire un restaurant universitaire, où le mettre ?

 

La question de l'attractivité

 

On en revient toujours à cette question. Le projet dit que cela renforcera l'attractivité de l'université de Picardie. Or elle augmente d'elle-même ses effectifs aujourd'hui. Ce n'est donc pas la question de l'emplacement du site mais d'une demande sociale. Peu importe où se trouve l'université...

L'attractivité. Le but est de faire briller Amiens pour attirer les entreprises ou les cadres. Exactement ce qui était avant...

Une question essentielle : en quoi le transfert de l'université du campus vers la citadelle va profiter aux Amiénois ? Qu'est-ce que cela va changer dans leur vie quotidienne ?

Nous avons été élus pour valoriser l'Homme et non le béton. Valoriser l'Homme et non une image de la ville... Cela suppose que l'on satisfasse les besoins de la population. Par exemple, le conseil général donne plus de subventions pour que les élèves aillent à la piscine afin de se mettre en conformité avec les programmes du collège. Seulement il n'y a pas assez de places en piscine. N'est-il pas temps de lancer la construction d'une 4° piscine ? (page 43 de notre programme). Il y aura ainsi une convergence d'efforts avec le conseil général...

On peut lancer un centre social à Elbeuf et à Marivaux (page 19 du programme) ou créer une 5° maison de retraite.

Il faut faire des choix. Je crains que parmi les choix qui nous sont donnés de faire parmi les propositions de notre programme nous ne retenions que le projet de la citadelle...

Et pourquoi celui-ci et pas d'autres ?

 

 

2 VOTES CONTRE : M;-H. LOEW et C. MAISSE

 

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