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Le blog de Cédric Maisse

Point 52 du conseil d'Amiens-Métropole. Etablissement public de coopération culturelle. Ecole d'arts et design. Création

9 Juillet 2010 , Rédigé par Cédric Maisse

 Cette autonomie de l'ESAD est prévue depuis longtemps. A chaque fois que la question a été évoquée en commission culture, les services nous en parlaient comme si c'était déjà fait. Cela indique bien l'état d'esprit de ceux qui dirigent notre collectivité : il n'y a rien de politique, tout est technique, donc pas besoin de débat.

C'est ainsi que l'on a pu annoncer une augmentation des tarifs d'inscription à l'ESAD pour préparer une autonomie de l'ESAD qui n'avait pas encore été votée...

A ce propos, je doute que l'autonomie de l'ESAD lui permettra de fournir gratuitement les consommables (tout ce qui sert à réaliser des oeuvres) comme par le passé ?

 

Il y a 58 écoles supérieures d'art en France.

10 établissements sont nationaux, financés par l'Etat.

Les autres sont des écoles territoriales financées par les villes ou des communautés de commune.

L'Esad est financée par Amiens-Métropole.

 

Toutes ces écoles forment des artistes dans tous les domaines des arts plastiques. Elles forment des artistes et contribuent à la vitalité de la vie artistique de notre pays.

L'originalité de ces écoles, c'est la formation par la création. Les enseignants sont des artistes qui aident les étudiants à développer leurs projets.

 

Comment procéder pour faire reconnaître ces enseignements artistiques à un niveau équivalent aux autres enseignements supérieurs ?

 

La convention de Bologne a relancé le débat. Il s'agit d'harmoniser à l'échelle européenne tous les diplômes d'enseignement supérieur.

Il y a 2 diplômes le Diplôme national d'arts plastiques (DNAP) qui correspond à BAC + 3 et le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) bac + 5

J'ai lu la convention de Bologne. Elle organise effectivement l'harmonisation mais elle n'impose pas l'autonomie des établissements dispensant les diplômes. Cette harmonisation est destinée à permettre aux étudiants de l'Union européenne d'avoir des équivalences n'importe où sur le territoire de l'union

C'est l'Etat qui le demande comme le dit la délibération. En vertu de quelle loi ? Je l'ai demandé en commission, je n'ai pas eu de réponse...

analysons la demande de l'Etat.

La pédagogie : rien de nouveau. Le personnel des écoles d'art attendait un nouveau souffle de cette harmonisation, une relance de l'activité artistique et culturelle.

Il y a un risque avec l'autonomie : les enseignants ne seront plus maîtres du contenu pédagogique. Quand il appartient à un service public, l'enseignant a la liberté pédagogique qui lui est garantie. Cette liberté est la garantie de la qualité de l'enseignement. L'autonomie risque d'assujettir l'enseignant à des objectifs plus économiques que pédagogiques. Ce qui comptera c'est le rayonnement de l'école et son équilibre économique et pas ses missions d'enseignement. Cela débouchera sur le conformisme...

Les missions des écoles d'art : elles ne sont pas définies. L'Etat demande à ce que les écoles définissent des projets. Mais on ne sait pas qui va les valider ou non. Tout ce qu'on sait c'est que les projets seront validés au coup par coup comme pour la délibération suivante. Pas de lisibilité à long terme.

 

Notre collectivité aurait pu faire ce travail avant de créer l'établissement autonome.

Définir ses missions et donner des garanties sur la liberté pédagogique. Ce travail n'a pas été fait. C'est dommage car on aurait pu influencer l'Etat qui ne sait pas où il va. Tout ce qui l'intéresse c'est l'autonomie, c'est-à-dire rendre les collectivités territoriales irresponsables dans le domaine de l'enseignement des arts et plus largement de la culture.

La demande de l'Etat est de créer des établissements dont la taille critique est fixée entre 250 et 600 étudiants.

L'ESAD a actuellement 150 étudiants. On est loin du compte. On peut ajouter ceux de Waide Somme mais il y a au maximum une trentaine d'étudiants.

La directrice de waide somme nous a dit en Commission culture que le nouvel établissement autonome ira signer des partenariats avec des studios de cinéma pour financer son projet sur le cinéma virtuel.

C'est là que l'on retrouve la privatisation. Si un studio finance l'école. C'est lui qui fixera les programmes. La liberté pédagogique disparaît.

Dans la conclusion des assises des écoles d'art françaises qui se sont tenus en 2009 , les 400 participants ont conclu ainsi :

Le ministère évoquait le renforcement du réseau des écoles d’art. Ce n’est pas ce que

les écoles ont l’impression de vivre ; elles se sentent menacées à la fois dans leur existence (un certain nombre d’écoles craignant leur disparition) et dans leur essence (l’enseignement de l’art se transformant en enseignement «purement académique» !).

la mise en autonomie de l'ESAD garantit-elle son existence à long terme ?

J'en doute puisque l'on est loin des 250 étudiants minimum.

Tarbes (250 étudiants) et Pau (101) se sont alliés pour atteindre ce stade.

Quels sont les partenariats que l'on pourrait développer ? Pas de réponse.


 

Le personnel : quel avenir ? Rien ne nous a été dit là-dessus.

A Nantes le maire socialiste J-M Ayrault a signe un protocole d'accord pour garantir les acquis sociaux des salariés lors du passage en autonomie.

 

Même si on accepte la nécessité du passage en EPCC, ce passage est presque improvisé. Il aurait fallu associer plus largement le personnel, les syndicats, les enseignants et allons même plus loin, les élus faisant partie de la commission culture.

 

Je vote contre cette délibération car je pense que l'on aurait pu présenter un projet qui respecte les exigences européennes tout en gardant la gestion de l'ESAD. Pour cela il aurait fallu travailler et faire preuve d'imagination. Mais est-ce possible quand il n'y a que la rigueur comptable qui sert de référence politique ?

Je vote contre aussi parce que le projet de passage en autonomie n'est pas abouti et menace à long terme l'existence de l'école à moins que l'on lance dès maintenant une réflexion qui associe tous les acteurs du projet.


CONTRE : 2

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