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Le blog de Cédric Maisse

Point 21 du conseil d'Amiens-Métropole du 25 novembre 2010 – Débat d’Orientation Budgétaire au vote du Budget Primitif 2011.

10 Décembre 2010 , Rédigé par Cédric Maisse

 EXTRAITS DU PROCES-VERBAL

M. MAISSE : En préambule, je dirais qu’on n’a pas eu la chance, nous, de participer au séminaire sur le débat d’orientation budgétaire comme certains de nos collègues qui ont pris la parole avant, je trouve ça bien dommage.

Ensuite, je fais un rappel sur la Loi de 1992 qui impose de faire un débat d’orientation budgétaire. Le but est que ce soit présenté clairement, que ce soit expliqué, pédagogique, or je reprendrai ce que j’ai dit la semaine dernière, les documents qui nous sont proposés, par exemple sur l’emprunt, utilisent un jargon qui n’est pas à la portée de tout le monde et en plus un jargon qui, à mon avis, ne fait pas sens, « pentification » je ne vois vraiment pas ce que ça veut dire.

Donc, en fait, le problème c’est qu’on ne se met pas à la portée du simple citoyen pour qu’il puisse comprendre comment on va organiser le budget puisque le but, quand même, d’un débat d’orientation budgétaire, c’est de présenter clairement les choses aux citoyens.

Ensuite, une autre remarque. J’ai lu au passage une phrase, c’est « la normalisation du marché financier », je me demande comment on peut savoir ce qu’est la normalisation du marché financier, surtout en ce moment, quand on voit que les banques appellent au secours un peu partout, en Irlande, au Portugal et en Espagne, je ne vois pas ce que ça veut dire « normalisation du marché financier », on est plutôt en ce moment en train de se demander ce qui va se passer du jour au lendemain.

Donc, en fait, on se cache derrière un jargon pour se rassurer. On m’a dit la semaine dernière que c’était une nécessité technique de passer par ce genre de vocabulaire, moi je crois que la compétence, c’est plutôt de savoir expliquer, d’avoir la capacité de se faire comprendre même quand c’est du langage difficile. Je crois que le but était aussi de rester obscur.

Ensuite, je voudrais intervenir sur le personnel. Des choses ont déjà été dites, moi ce qui me gêne fortement, c’est qu’on présente le personnel comme une charge or, par définition, une charge on veut l’alléger et ça on l’entend tous les jours à la radio et à la télé alors qu’en fait, le personnel, c’est un investissement, un investissement social. Il n’y a qu’à voir ce qu’à dit aussi l’économiste KEYNES, à savoir que finalement, avoir du personnel dans la fonction publique peut relancer l’économie, ils payent des impôts, ça relance aussi toute l’activité du Pays.

On découvre qu’il y a 0 % d’augmentation (enfin, ce n’est pas une augmentation, c’est 0% pour la masse salariale), on n’a donc plus vraiment de volonté de développer les services publics. Je veux bien comprendre que l’État nous restreigne, qu’on a des pertes de recettes (ça c’est clair) mais ça ne justifie pas, à mon avis, une politique aussi austère.

Dans le document, il y avait aussi le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux en départ à la retraite et on considère ça comme brutal, on fait à peu près la même chose en ce moment, je prendrai juste un exemple : il y avait 6 gardiens pour surveiller la Mairie et la salle Dewailly il y a 2 ans, maintenant il n’y en a plus que 4.

Je me suis renseigné auprès des syndicats, aujourd’hui il y a quand même 200 postes vacants, est-ce que c’est une façon de faire des économies ? En tout cas, ça remet en cause le fonctionnement des services publics.

On parle aussi de ralentir l’évolution des carrières des fonctionnaires territoriaux et on va limiter les dépenses de fonctionnement de 5%, ce qui risque aussi de remettre en cause la qualité du service public. Donc, on remet en cause la qualité du service public par deux biais : par le biais de la compression des salaires, du non remplacement des départs et par les économies sur le fonctionnement.

Pour passer à un autre thème, c’est le thème de l’autofinancement, j’ai posé la question suivante la semaine dernière : « Pourquoi l’autofinancement est un but en soi ? » et on m’a répondu que cet autofinancement, c’était pour dégager des capacités d’investissement pour plus tard, pour 2014, mais en 2014 on ne sera peut être plus là. Est-ce qu’on travaille pour des successeurs potentiels ? (RIRES DANS LA SALLE) Ce n’est pas une politique de faire de l’autofinancement, ça parait marrant comme ça mais on travaille pour ceux qui viendront plus tard.

Je reviendrai aussi sur le problème de l’investissement parce qu’on dit qu’il ne faut pas investir, qu’on investira plus tard, mais l’investissement n’est jamais conçu comme quelque chose qui rapporte de l’argent. Je reprendrai le même exemple que Monsieur NEMITZ sur le tramway, j’ai bien vu le cas du MANS, c’est vrai, on voit sur les tableaux que c’est une ville qui est très endettée sauf que le tramway apporte forcément des recettes, on peut attirer des entreprises grâce au tramway et on peut limiter des dépenses, par exemple en réorganisant les lignes de bus et puis c’est toute une opération d’urbanisme qui peut rapporter de l’argent. Donc, finalement, les investissements, ce n’est pas le mal, ce n’est pas le démon qu’il faut chasser absolument.

En fait, ma question principale, et on le voit bien dans les projets qui nous ont été exposés, le premier évidemment, c’est encore et toujours l’Université qui doit aller à la Citadelle. Ça mériterait qu’on ait des explications puisque j’ai posé des questions tout à l’heure auxquelles on ne veut pas répondre et pourtant c’est le grand projet, à mon avis, du mandat mais ce grand projet, il faut l’assumer et expliquer comment il se mène, comment on fait et quels sont les objectifs. Moi, je crains fortement que l’investissement qui va être fait pour le transfert des étudiants à la Citadelle va assécher le financement de tous les autres projets.

J’étais content de voir noté le projet de la 4ème piscine mais est-ce que le financement est prévu ? On ne le voit plus trop apparaître après.

Une autre question relative à l’augmentation des impôts, on peut comprendre qu’on ait besoin de recettes mais pour faire quoi ? J’avais déjà posé la question il y a un an de cela quand on pouvait encore participer au séminaire. Je ne suis pas spécialement contre une augmentation des impôts mais tout dépend des projets, or si c’est juste pour financer la Citadelle, je ne suis pas trop d’accord.

 

ENFIN UNE REPONSE DE GILLES DEMAILLY :

 

 J’entends se développer un certain nombre d’argumentations et je constate que, quand ce n’est pas le tramway, c’est l’Université. Je voudrais juste rappeler une fois pour toute que d’abord c’est un engagement qui a été pris par notre Collectivité et qu’ensuite, le montant de l’engagement pour la partie universitaire, c’est 23 M€ pour la Métropole. 23M€ sur l’espace de 4 ou 5 ans, ça représente moins de 10% des investissements qui seront faits, Ville et Métropole, dans cette période là. Donc, ne laissons pas entendre dans des discours simplistes, dans des images qui seraient réductrices, que ça serait uniquement pour ça. Si vous regardez les investissements qui sont prévus cette année, uniquement sur Amiens Métropole, ce n’est qu’une faible partie, ça représente chaque année 4 à 5 M€, soit 10% des investissements globaux de la Métropole et si j’ajoutais les investissements de la Ville d’AMIENS, cela serait encore inférieur donc qu’on arrête de nous faire de type de procès. Nous en avons débattu ici, nous avons voté, nous avons même voté les conventions avec les autres Collectivités et avec l’État, donc assumons nos votes, assumons nos choix. Ce débat a eu lieu, je crois que 2 ou 3 ont voté contre mais nous avons estimé collectivement, à une écrasante majorité, à une quasi unanimité, que ces dépenses, comme d’autres, étaient des dépenses porteuses d’avenir pour le développement économique et l’attractivité de notre Métropole. Donc, ce choix, nous sommes très nombreux ici, sur les 92 membres de ce Conseil, à l’assumer comme nous assumerons d’autres propositions de dépenses d’investissement dans les années qui viennent.

 

 DIDIER CARDON, vice-président à l'éducation :

 Monsieur MAISSE était très honnête, il nous dit qu’il faudrait ne pas faire l’Université. Malheureusement, je pense qu’il n’a pas compris qu’une Université, c’était un élément décisif de l’avenir d’un territoire et, ce que je pourrais partager avec lui, c’est que là aussi il y a un désengagement massif des financements de l’État. Il est effectivement, et ça je le partage avec Cédric MAISSE, inacceptable que, sur les 106 millions d’investissement qui sont projetés, près de 70% vont provenir des Collectivités Territoriales de ce territoire. C’est inacceptable parce que l’Université, c’est de la responsabilité de l’État. Ces 70 M€, si on n’avait pas à les payer, si l’État les payait à notre place, nous permettraient d’avoir finalement une autre vision des investissements.


COMMENTAIRES :

J' invite le lecteur intéressé par le sujet à consulter cette intervnetion au sujet du plan UNIVER-CITE : http://cedric.maisse.over-blog.fr/article-point-62-du-conseil-d-amiens-metropole-du-16-decembre-2009-plan-univer-cite-contrat-de-projet-etat-region-de-picardie-2007-2013-contrat-complementaire-n-2--41351805.html où, après lecture des documents soumis au vote, il apparaît que le plan de financement prévoit qu'Amiens-Métropole dépense 35 millions d'euros et non 23 comme le prétend Gilles Demailly. Maîtrise-t-il vraiment le projet ? On peut s'inquièter, en tout cas, de cette erreur de chiffrage surtout en ce qui concerne le seul projet qui lui tienne à coeur et qui engage une grosse part des ressources publiques pour des années.

De plus, ce n'est pas parce qu'une délibération est votée qu'elle n'est pas contestable. Gilles Demailly ne conçoit pas la démocratie comme une dynamique. Sinon cela laisse à penser que, parce qu'elle est adoptée, la "réforme" sur les retraites ne doit plus être contestée. Gilles Demailly cherche toujours à se dérober au débat démocratique. Il faut qu'il assume son grand dessein. On dirait qu'il n'y croit pas lui-même alors que, de son point de vue, il devrait être fier de ce qui est le projet phare de son mandat.

Quant à 'intervention de Didier Cardon, elle est étrange. Il semble me donner raison. C'est l'Etat qui a toute compétence sur l'Université. Or celui-ci enlève des moyens financiers à Amiens-Métropole. Et on devrait en plus faire des investissements à sa place ? La Région Picardie où D. Cardon est également vice-président à l'éducation va-t-elle vouloir financer ce projet jusqu'au bout au moment où elle restreint ses investissements partout ailleurs ?

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