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Le blog de Cédric Maisse

Point 17 du conseil municipal du 18-11-10 - Exercice 2011. Débat d’orientation budgétaire.

27 Novembre 2010 , Rédigé par Cédric Maisse

Maria-Helena Loew :

Le débat d'orientation budgétaire est un moment privilégié de la vie municipale. Excusez-moi, Monsieur le Maire, mais je ne comprends pas pourquoi vous n'avez pas organisé des réunions de concertation pour l'élaboration d'un budget participatif au cours duquel la population serait associée au choix des priorités budgétaires de notre collectivité. Donc le but serait de faire en sorte que la population participe activement à l'élaboration d'un budget municipal qui la concerne. Cela montrerait notre volonté sincère de prendre des décisions effectivement partagées et transparentes, de décider, par exemple, quel type d'infrastructures les Amiénois souhaitent créer ou améliorer. D'ailleurs cette participation de la population à l'élaboration du budget municipal est bien dans notre programme de la ville d'Amiens, du groupe « Unis et solidaires ». Evidemment si j'avais été autorisée à participer à votre réunion de majorité pour la préparation du débat d'orientation budgétaite, cela aurait été avec beaucoup de plaisir que je vous aurai proposé cette chose mais comme vous ne m'avez pas donné cette opportunité, je le fais maintenant.

 

Cédric Maisse :

Mon intervention se fera en 2 parties. J'analyserai la forme, puis le fond.

J'ai relu la loi de 1992 sur le débat d'orientation budgétaire. Son but est de clarifier, d'expliquer et d'être pédagogique vis-à-vis des citoyens. Or, j'ai lu les différents documents qui nous ont été donnés et j'ai vu du JARGON, ainsi cette phrase :

« - La pentificaton actuelle de la courbe des taux justifie la pertinence de cette stratégie. »

Pentification, je ne vois pas ce que c'est.

Ensuite :

« - La mise en place de swap qui permette de changer des taux flottants contre des taux fixes. »

On est vraiment loin du compte et je crois que l'on fait un débat d'orientation budgétaire juste parce que l'on est obligé de le faire . Le but est bien de rester obscur, de se rassurer avec un langage qui se veut celui de spécialiste, un langage qui se veut rigoureux et exemplaire alors qu'en fait nous avons droit à des documents qui sont tout à fait conformistes. Pourquoi se préoccuper de la dette par rapport aux critères de Maastricht ? Je n'ai jamais été partisan d'obéir aux recommandations de l'Union Européenne.

Ensuite le but aurait été de faire participer les habitants. Les conseils d'habitants auraient pu servir à cela. On peut encore le faire. Là, on pourrait déterminer des orientations et en discuter avec eux, peut-être que eux auraient des propositions à faire. On a encore un mois pour le faire. Il n'est jamais trop tard.

Sur le fond. Je ne comprend stoujours pas que l'autofinancement soit un but en soi. Je ne vois vraiment pas l'intérêt de se dire que l'autofinancement est une priorité, cela paraît être une évidence. Non, ce n'est pas une évidence. L'investissment, c'est quelque chose d'important. Une ville qui investit, c'est une ville qui vit. Alors, évidemment, il faut savoir quel genre d'investissements on mais, mais certains, à terme, peuvent rapporter de l'argent.

On nous a dit aussi : « il faut développer les services publics. » Il y a ici une grande contradiction entre ce qui affirmé d'une part et écrit dans les documents. J'ai lu la note de synthèse. Il y un élément de vocabulaire qui me choque : on parle de charge de personnel. On reprend un langage qui vient des actionnaires. Le personnel c'est une charge alors que ce sont en réalité des gens qui sont au service des Amiénois, au service des usagers et qui créent une certaine forme de richesse. C'est une richesse sociale, ce n'est pas une richesse que l'on ne peut quantifier exactement, mais c'est une richesse tout de même.

Autre phrase :

« La mise en place de l'évaluation des agents et son impact sur la partie individualisée des rémunérations doit aussi contribuer à cette nécessaire maîtrise des dépenses. »

Déjà il faut décrypter. Le vocabulaire a quand même son importance. L'expression « partie individualisée de la rémunération ». Cela vient de la droite gouvernementale qui veut absolument individualiser le parcours de carrière des fonctionnaires. Tout cela pour créer des différences entre les salariés pour qu'il y ait plus de concurrence entre les fonctionnaires. Et là on fait exactement la même chose. Cela me gêne énormément d'en arriver là. On affirme que l'on va défendre les services publics et les valoriser et on fait tout l'inverse. Les syndicats m'ont alerté au sujet des évolutions de carrière. Depuis René Lamps, et Gilles de Robien n'a pas remis cela en cause, l'évolution de carrière des agents municipaux se fait au plus rapide, c'est-à-dire que tenant compte que ces fonctionnaires n'ont pas un pouvoir d'achat important, on a fait en sorte que leur évolution de carrière soit au maximum que la loi le permet. Et là, en ce moment, on est en train de le remettre en cause et ce n'est pas que la CGT qui me l'a dit.

Est-ce l'on valorise ainsi les services publics ? Je pense que non.

Ensuite, les dépenses de fonctionnement qu'il faut baisser de 5 %. On pourrait admettre qu'au début il faille les baisser en disant que l'équipe précédente a trop dépensé. Seulement , à force, 5 % par an, cela commence à faire beaucoup. Les syndicats m'ont signalé que les agents ont besoin de moyens pour fonctionner. Un agent, qui est obligé de se déplacer avec sa voiture de fonction, s'il n'a pas de carburant, il ne va pas pouvoir le faire.

On a un budget qui se resserre sur lui-même, qui ne met pas en valeur les investissements mais plutôt le repli. C'est vraiment gênant.

Enfin, considérons encore les dépenses liées à la masse salariale. Le fait d'externaliser, notamment les maisons de retraite, permet encore de faire des économies. Cela, c'est l'application d'une philosophie venue du libéralisme que je remets en cause.

 

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