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Le blog de Cédric Maisse

Le vaporeux Th. Bonté accumule les lieux communs pour revendiquer une succession incertaine.

9 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

 

Avant de commencer une analyse des propos de Th. Bonté dans le Courrier Picard de ce jour, il est nécessaire de rappeler certains faits. Il a participé activement à la privatisation du réseau de bus amiénois en mettant fin à la SEMTA et en donnant tout pouvoir à la CFT puis à KEOLIS. Il a tenu des propos de casseur de grève et anti-syndicaux à plusieurs reprises dans le Courrier Picard, des propos que ne renierait pas le MEDEF. En outre, son comportement méprisant lors de certains conseils d'Amiens-Métropole est inacceptable de la part d'un homme qui se prétend ouvert, charmant et affable.

  1. 1) « Je ne suis pas en rupture vis-à-vis de ce qu'a fait Gilles Demailly, je veux m'inscrire en continuité. Mais bien sûr, nous aurons à faire un bilan critique sur notre propre mandat. » Tout d'abord, Th. Bonté a besoin d'affirmer qu'il n'est pas en rupture avec G. Demailly. Cela veut donc dire que c'est envisageable et même souhaitable par beaucoup d'Amiénois. Comme il semble être l'héritier désigné par le très prochain ex-maire, il ne peut que défendre l'idée d'une continuité. C'est une simple prise de relais mais il a besoin de rendre sa candidature quelque peu originale et intéressante donc il parle de bilan critique car il sait bien que la politique d''austérité menée jusque là a déplu largement à nos concitoyens. Comme B. Delespierre est gentil, il parle de dialectique alors que c'est juste un discours fumeux où on nous dit que l'on va continuer comme avant tout en annonçant sa volonté de changement (« Tout changer pour ne rien changer » la célèbre phrase de Tomasi di Lampedusa dans le Guépard. Cela illustre bien la façon de faire des sociaux libéraux)

  2. 2) « Nous allons nous appuyer sur les éléments les plus positifs de l'action entreprise pour élaborer un nouveau projet. » Utiliser du papier, de l'encre et le temps de travail d'un journaliste pour mettre devant les yeux du lecteur un tel lieu commun ! L'action municipale était tellement géniale que l'on ne retient que le plus positif, ce qui est juste bien est négligeable. Cela en dit long sur la prétention de ceux qui ont géré la ville pendant 6 ans. Toute critique ou simple demande d'informations était vécue comme une remise en cause insupportable de l'action de ces exceptionnels édiles.

  3. 3) « Je commence à y travailler, j'y consacrerai une partie de l'été avec d'autres. Il tournera autour de l'emploi, la formation, la création de nouvelles filières de recherche, la transition énergétique... Les collectivités locales ont des marges de manœuvre parfois plus grandes que l'État sur des investissements publics ciblés » . Le « je » prend une place importante dans l'entretien. Th. Bonté est un individu au-dessus du commun des mortels. Il va tellement travailler qu'il va y consacrer ses vacances (une partie seulement : le dévouement a tout de même des limites). Puis on retrouve les thèmes de campagne de 2008, passage où il manque cruellement d'imagination. Quant aux investissements, on sait que l'État a décidé de restreindre ses dotations aux collectivités. Les collectivités sont donc contraintes de prendre le relais. Mais Th. Bonté est au PS : il ne peut pas dire cela ainsi... Alors on emploie un langage de technocrate pour faire croire que l'on sait ce que l'on veut, que l'on connaît les enjeux et que l'on va entreprendre des projets malgré tout. C'est du volontarisme de façade.

  4. 4) « L'équipe actuelle n'avait pas d'expérience, elle a bien fait son travail. Je veux continuer avec une bonne partie de l'équipe existante ». Th. Bonté se pose en juge de l'action municipale, rien que cela. Il va distribuer des bons et des mauvais points. L'équipe n'avait pas d'expérience, elle a progressé, grâce à lui sans doute... Par conséquent il va pouvoir choisir qui va figurer sur sa liste ou non car c'est lui, évidemment qui va retenir ou non tel ou tel élu de l'équipe existante.

  5. 5) « J'aurai plus tard un certain nombre de choses à dire. Nous aurons un bilan critique à faire sur la gouvernance, l'économie sociale et solidaire, la démocratie locale, l'écologie urbaine. Mais nous le ferons ensemble, je suis solidaire. » Th. Bonté a du courage mais pas trop. Il a des choses à dire mais plus tard quand G. Demailly sera sur le départ. Il faut ménager la susceptibilité du chef. Et voilà le meilleur de l'entretien, le « je suis solidaire » de qui ? De quoi ? De lui-même certainement.

  6. 6) « Je vais faire une campagne préparatoire, j'irai voir les militants un par un. J'annoncerai d'autres initiatives », Trois « je » en deux courtes phrases. Il va partir en pèlerinage à la rencontre des adhérents du PS. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant ? Encore un élu qui ne se réveille qu'au moment fatidique des élections, quand le pouvoir est en jeu. Le reste du temps, ne lui demandez rien.

  7. 7) « Ce sont des choses que j'expliquerai, que nous expliquerons et que les Amiénois comprendront » Le « je » se transforme en « nous » grâce à Th. Bonté, il est bien le seul capable de réaliser une véritable équipe solidaire. Ce n'était donc pas le cas avant. Il sera un vrai chef. Ou bien il s'est juste corrigé au cours de sa phrase : «  Ah oui, mince, je ne suis pas seul, la liste aura 54 autres personnes en plus de moi... »

  8. 8) « C'est l'engagement. L'engagement à fond pour cette municipalité et son bilan. Pour ce territoire et ses habitants. Et une volonté de continuer à travailler de manière collective dans l'union des forces de gauche ». Encore un lieu commun. Quel sorte d'engagement peut être un engagement relatif ? Il est évident qu'il faut se donner « à fond » pour remplir ses objectifs politiques. Il lance cela parce que l'on pourrait en douter, n'est-ce pas ? Il désire l'union des forces de gauche parce qu'il croit qu'une liste Front de gauche peut handicaper sa campagne alors que la diversité des choix peut conduire des électeurs tentés par l'abstention à se déplacer jusqu'aux urnes. L'union n'est pas un objectif en soi. Elle se forme aussi en fonction du contexte. En 2008, il s'agissait aussi de sanctionner N. Sarkozy et d'en finir avec 19 ans de gestion de droite à Amiens.

  9. 9) La conviction qu'il pouvait prétendre à la mairie d'Amiens « s'est construite au fur et à mesure de l'expérience acquise et de la pratique du modèle collectif de travail en équipe que nous avons réalisé ». C'est lourd ! modèle collectif de travail en équipe ! On se croirait dans un kolkhoze avec l'apparition du mot modèle et cette redondance du collectif et de l'équipe. Tout cela vise à masquer le fait qu'il n'y a jamais eu d'équipe et qu'ils étaient 3 ou 4 à prendre les décisions. Le refus de dire la vérité montre que Th. Bonté ne changera rien fondamentalement à la gestion de la Ville par G. Demailly.

La conclusion, c'est B. Delespierre qui la donne avec sa photo. En effet, on voit Th. Bonté flou au premier plan alors que le vélo et les pots de fleurs en arrière-plan sont bien nets. Ou le journaliste du Courrier Picard a besoin de toute urgence d'une formation en mise au point photographique, ou il l'a fait exprès pour montrer tout le côté brumeux du numéro de charme de l'indistinct Th. Bonté.

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