Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Cédric Maisse

l'Éducation nationale soutient le PS

18 Mars 2014 , Rédigé par Cédric Maisse

Début janvier j'ai envoyé par la voie hiérarchique une demande 10 jours de congés pour pouvoir mener la campagne électorale des municipales en toute sérénité. Le courrier s'est probablement perdu dans les couloirs du Rectorat de l'Académie d'Amiens. Cela ressemble beaucoup à la gestion de la Mairie socialiste d'Amiens : mépris du personnel, indifférence et légèreté assumée. Après tout, je ne suis qu'un petit professeur de collège.

Ne voyant rien venir, je reprends mon courrier mais cette fois en l'expédiant en tant que conseiller municipal. Même traitement. Aucune réponse. Normal, je ne suis qu'un petit élu d'une ville moyenne.

Avant les vacances d'hiver, je m'inquiète. Et enfin je reçois une réponse de Monsieur Chevillon du secrétariat de Monsieur le Recteur. J'ai rarement eu droit à un texte aussi désincarné. Monsieur Chevillon doit être un personnage intéressant qui ferait partie de ces juges insensibles, cachés derrière de poussiéreuses piles de papiers officiels, que l'on rencontre dans les romans de Kafka. Il n'a pas une seconde tenu compte de mes arguments. Ainsi je n'ai jamais été absent à cause de mon mandat.

Non. Je n'ai eu droit qu'au code du travail. On peut prendre 10 jours de congés ouvrables à condition de rattraper les heures de travail. Mais dans le cas d'un professeur ? Je ne peux pas faire venir mes élèves le samedi, le mercredi après-midi ou le soir ! Monsieur Chevillon, qui est censé gérer le personnel enseignant, ignore cela superbement. Il ne veut pas tenir compte de la spécificité du métier de professeur. Selon mes sources syndicales, il pense profondément qu'un professeur ne travaille vraiment que 18 heures par semaine : pas de préparations de cours, pas de corrections...

J'ai cherché à le joindre par téléphone par deux fois le 21 février 2014. Il a refusé de me répondre. J'admire le courage de cet homme de bureau. Il n'assume rien de sa décision ou alors je ne suis pas digne d'avoir ce serait-ce qu'une minute de son écoute. Le mépris, toujours le mépris...

A l'issue des vacances, j'ai droit à un deuxième courrier. On me prend un peu plus au sérieux. Cette fois, c'est de l'intimidation. On me rappelle mon devoir de réserve en tant que fonctionnaire. Monsieur Chevillon ne sait-il pas que nous ne sommes pas dans la Prusse du XIXème siècle ? Le devoir de réserve concerne les relations du professeur avec les élèves et leur famille. Je ne suis aucunement tenu de me taire face à la façon dont l'État gère ses services. Il s'agit ici de démocratie. Ma candidature doit donc déplaire à Monsieur Chevillon et donc au Recteur et donc à Monsieur Peillon, actuel ministre « socialiste » de l'Éducation et potentiel candidat PS à Amiens en 2008. L'État n'est jamais neutre. Il est là pour défendre des intérêts et notamment ceux de la classe dirigeante.

Prenons à présent un exemple concret qui touche directement à mon cas. J'ai été collègue avec Monsieur Manable, actuel Président PS du Conseil Général de la Somme et professeur d'histoire-géographie à la retraite. Nous travaillions ensemble au collège Jean Rostand de Doullens. Il a bénéficié pendant des années d'un privilège exorbitant. Il a pu exercé un demi-temps payé plein temps. Un remplaçant venait le suppléer à sa demande quand il le voulait.En tant que syndicaliste, j'ai souligné l'anormalité de ce traitement de faveur. J'ai même fait voter une motion à ce propos au conseil d'administration que je rends à nouveau ici publique :

« Le Conseil d'administration du collège Jean Rostand de Doullens réuni le jeudi 3 mars 2005 exige que la loi 2002-276 du 27 février 2002 article 66 soit appliquée à tout membre de l'établissement exerçant des responsabilités électives par ailleurs, cela afin de remédier à une anomalie (10 heures affectées au laboratoire d'histoire-géographie au lieu d'une heure statutaire) qui a forcément des répercussions négatives quant à la répartition de la dotation globale horaire. »

Donc pendant des années l'Éducation nationale a payé deux professeurs (Monsieur Manable et un remplaçant) pour un seul poste en prenant des moyens on ne sait où. Je ne demande évidemment pas un tel privilège. Je souhaite seulement que le Rectorat applique le droit du travail en l'adaptant à la spécificité du métier d'enseignant. Cela m'est refusé avec une morgue difficilement supportable. Supposons que Monsieur Manable n'ait pas eu droit à son arrangement. Serait-il aujourd'hui élu au Conseil Général ? Serait-il Président du Département de la Somme ?

 

Il est donc sûr que l'Éducation nationale choisit de favoriser ou non certains candidats. Je ne fais pas partie des candidats officiels de l'État. Donc, en ce moment, au lieu d'aller à la rencontre des électeurs, je suis devant mes élèves. J'ai pu certes avoir un report de certains cours mais ce n'est rien par rapport à ce qu'a pu avoir Monsieur Manable pendant des années !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article