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Le blog de Cédric Maisse

Didier Cardon : « Comme Hollande, maigrir, c'est conquérir ! »

13 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

 

Analyse de l'entretien de Didier Cardon publié dans le Courrier picard de ce jour. (cette fois la photo n'est pas floue)

 

1) « Je suis dans le temps collectif. Il faudrait que les socialistes soient beaucoup plus responsables que par le passé et comprennent que les divisions entretenues amènent des décisions prises par les autres», explique-t-il. Didier Cardon admet que les socialistes n'ont pas été très responsables (à la mairie et ailleurs ?) pendant ces 6 ans à la mairie. Comment peut-on affirmer cela quand on est soi-même 14ème vice-président à la formation d'intérêt communautaire et l' enseignement supérieur ? Il ne s'est donc pas considéré en responsabilité alors qu'il y était réellement ! Qu'est-ce que cela veut dire ? Il était au pouvoir sans l'être. Pourtant il a bien oeuvré en faveur du projet inutile et pharaonique de Gilles de Robien : le transfert des étudiants à la citadelle. Il a joué à deux reprises , en assemblée, les Ponce Pilate en ce qui concerne la gestion de l'ESIEE Amiens alors qu'il y avait tout de même un licenciement abusif et des questions au sujet du harcèlement d'une salariée.

2) « Il faut profiter de la campagne pour en faire un large débat. Moi, je suis attaché à l'école et à sa gratuité. » Pas question de faire payer les activités péri-scolaires donc. C'est plutôt positif mais on peut avoir des doutes. Quand une réunion est organisée au sujet de l'avenir compromis du lycée professionnel de Flixecourt, Didier Cardon, vice-président région à l'enseignement, ne se déplace même pas ! Rappelons aussi que les représentants des professeurs au conseil d'Administration de son lycée (Robert de Luzarches) ont démissionné de façon collective : il ne donnait même pas les documents 10 jours avant les réunions comme les règles l'imposent... « Collectif », « large débat », ce ne sont que des mots ou des lieux communs. On ne va pas dire : « je vais organiser un débat restreint sur tel ou tel sujet... » Ce qui compte avant tout, pour un parti de pouvoir comme le PS, c'est qu'il y ait un débat mais qu'il soit consensuel et surtout pas contradictoire. Sinon vous êtes viré ! Cela fait 4 ans que nous ne sommes plus invités au séminaire de la majorité municipale. Didier Cardon n'a jamais rien dit à ce propos...

3) « La mobilité, ce n'est pas que le tramway. Il faut sortir du rejet de la voiture. Des habitants de la métropole n'ont que la voiture pour venir en ville. Et le tramway, il faut le remettre dans une perspective globale. Si l'on envisage de créer deux lignes un jour, il faut le dire aujourd'hui» Nous sommes contents d'apprendre ses options politiques dans le Courrier Picard car, en assemblée, Didier Cardon ne dit absolument rien. Pourtant ce qu'il avance là ressemble beaucoup à ce que j'oppose à G. Demailly en conseil, ce qui me vaut répliques acerbes et méprisantes. Ce serait bien que Didier Cardon ait un peu plus de courage... Mais non, il a laissé faire bien sagement en adhérent socialiste bien discipliné ou, pire, il a abandonné sciemment G. Demailly à ses erreurs (D. Cardon était son concurrent à la candidature en 2007).

4) « J'ai pris ma première carte en 1974 à l'âge de 17 ans, dans la lignée des valeurs de mon père, l'humanisme et la laïcité, ni Dieu, ni maître »Ces informations sont-elles utiles ? Ce n'est pas parce que l'on est un ancien que l'on a forcément raison... Il veut nous séduire avec son slogan anarchiste « Ni Dieu, ni maître ! ». D. Cardon, le nouveau Blanqui ! C'est assez comique. En réalité, il joue la carte de l'identité du parti mise à mal par G. Demailly qui se disait au-dessus de lui. D. Cardon est l'héritier d'une histoire dont il est fier. C'est vrai que G. Demailly ne se référait à rien : seul le marché servait d'arbitre...

5) « Et je connais très bien les acteurs du monde économique qui savent comment je travaille». C'est une phrase qui sert à donner du sérieux. Il n'est pas que dans l'enseignement. Attention ! Il a des relations. Avec qui ? On ne sait pas. Les « acteurs du monde économique », tel que c'est dit, c'est certainement plus le patronat local et la chambre de commerce que les syndicats de salariés... D'ailleurs D. Cardon ne s'est jamais opposé aux grasses subventions octroyées à Procter & Gamble, Business & Decision... qui sont des multinationales en grandes difficultés. D. Cardon, c'est le socialisme tendance A. Montebourg. On vient défendre les ouvriers de Goodyear pour avoir une belle image et après on va partager les petits fours en hauts lieux.

6) Cet amateur de bonne chère a perdu 20 kg depuis avril dernier. « Et je veux encore en perdre dix ». Encore une information utile qui relève de la vie privée. C'est la méthode Hollande. Maigrir conduit à la victoire ! C'est le socialisme tendance Weight Watchers. On montre que l'on fait des efforts pour avoir un corps conforme aux canons des publicitaires. Je maigris pour vous, alors votez pour moi ! Au PS, on se fait une belle idée des motivations des électeurs...

7) « Je suis un sportif, et un rugbyman. Dans ce sport, il n'y a pas d'action individuelle sauf à la fin. Il faut d'abord une construction collective ! » Encore le mot collectif. On voit bien, en creux, qu'il n'y a rien eu de collectif en 6 ans (voir l'entretien de Th. Bonté qui fait le même constat). Seulement ce qu'il dit sur les décisions collectives, c'est ce que le programme annonçait en 2008. Le PS a échoué sur ce plan. Il glisse quand même une idée inquiétante : « pas d'action individuelle, sauf à la fin » Soyons collectifs mais pas trop. Le maire reste celui qui marque à la fin. L'équipe doit travailler pour lui. D. Cardon oublie que les élus travaillent avant tout pour le bien commun, pour la Ville en général et ses habitants. Il perçoit l'action publique comme une compétition. Rien de neuf sous le soleil amiénois en somme.

8) « Je veux des politiques qui tracent une voie mais qui restent en capacité d'écouter les gens et mettent les services de la collectivité en capacité d'agir». Le « je veux » est révélateur. Le collectif a disparu... Mais au moins, il souhaite définir un axe politique avec des objectifs, c'est déjà cela. G. Demailly évoluait dans un épais et constant brouillard. Il admet encore que le futur ex-maire n'écoutait pas et ne mettait pas les services en capacité d'agir...

 

En conclusion, cet entretien nous montre ce que sera la future campagne du PS aux élections municipales. Il va critiquer, un peu, le bilan de G. Demailly et remettre sur le devant de la scène le programme de 2008 (tramway, 4ème piscine, primauté du collectif). Il va jouer la carte de la nouveauté et de la personnalisation : tout était de la faute de G. Demailly. L'enjeu, pour le PS, sera de faire oublier que toute la gauche municipale (sauf 3 élus communistes) a soutenu sa politique d'austérité et n'a jamais osé prendre position publiquement pour ne serait-ce qu'avertir le maire qu'il prenait une mauvaise direction...

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