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Le blog de Cédric Maisse

COMPTE-RENDU DU CONSEIL D'AMIENS-METROPOLE DU JEUDI 19 DECEMBRE 2013

22 Décembre 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

Point 4 - Décisions du président

Comme à presque chaque conseil, des augmentations de tarifs (ce soir-là, notamment sur le crématorium) échappaient une fois de plus au vote, et nous ont été présentées pour information.

Nous apprenions également que le marché concernant la rédaction des procès verbaux des conseils (dont nous avions déjà parlé le 26/10/2013) serait confié à la société Redac'Azur pour une valeur maximale de 27 000 euros. Encore une fois, on favorise une société privée, alors que le coût de la prestation permettrait de créer un poste pour prendre en charge cette tâche.

Non seulement on court-circuite les services de la ville sur une mission relevant de la démocratie locale, mais on confie le marché à une société installée à l'autre bout du pays ! Et le Ps qui affirme qu'il défend l'économie locale !

Point 13 - Avenant au contrat de délégation des bus avec Keolis : ajout d'un arrêt sur la ligne X12

Un nouvel arrêt est créé sur la ligne X12 aux Quatre chênes. Nous avons demandé à savoir si cet ajout se traduirait par la suppression d'un autre arrêt comme Keolis a l'habitude de le faire. Thierry Bonté a répondu que ce ne serait pas le cas.

Il a profité de ce point pour faire part de sa satisfaction quant à la gestion de notre nouveau délégataire. Nous avons répondu que cette satisfaction n'était pas partagée par les usagers du réseau : ainsi, de nombreuses personnes âgées ne se rendent plus au centre-ville, faute de fréquence suffisante ou d'arrêt à proximité.

La situation est certes meilleure qu'avec la CFT (dont le bilan était catastrophique à tout point de vue), mais de nombreux Amiénois ont été laissés sur le bord de la route par le nouveau réseau (on pense notamment à Saint-Ladre et au petit Saint Jean).

Le vice-président aux transports nous a donné rendez-vous le 16 janvier pour un bilan complet.

Point 15 - Plan de déplacement urbain

Nos remarques sur le point 16, schéma directeur des aménagements cyclables (SDAC) sont incluses ci-dessous.

Le plan de déplacement urbain (PDU), obligatoire pour notre collectivité, fixe les orientations en matière de transports pour les 10 années à venir.

Nous l'avions déjà critiqué en mars dernier. Après une consultation de la population opérée en pleines vacances d'été, le document définitif nous était présenté.

Nous avons donc renouvelé nos critiques : ce PDU est un manifeste de bonnes intentions, mais les moyens ne sont pas à la hauteur.

- Bien que des progrès aient été réalisés depuis 2008 dans ce domaine, le vélo pourrait être davantage promu. En redéveloppant le VELAM, qui ne couvre pour l'instant qu'une petite partie de l'agglomération, ce qui rend son intérêt très limité. Ou encore en sécurisant les trajets cyclables : il existe encore des discontinuités sur les grands axes de circulation, et certains points de passage sont dangereux, comme à la gare du nord, où il est souvent préférable de rouler sur le trottoir.

- On parle de remettre en place les parkings relais. Pourquoi les avoir supprimés en 2008 ?

- Oui, nous devons orienter les Amiénois vers les transports en commun. Mais le faire par la contrainte en rendant volontairement le stationnement difficile n'a pas de sens.
La façon logique de procéder serait de commencer par développer l'offre de transports en commun d'abord en instaurant la gratuité des bus, puis en municipalisant le service afin d'en avoir réellement le contrôle.

Amiens est une ville étendue avec une faible densité de population. Essayer de faire des profits sur les transports dans une agglomération comme la nôtre est illusoire et conduit à avoir un service médiocre, des augmentations de tarifs, et un personnel sous pression.

Ce problème de rentabilité va encore s'accentuer si on décide d'unifier vraiment Amiens métropole : le réseau devra couvrir des zones encore moins densément peuplées.
- Le tramway apparaît une fois encore comme un écran de fumée. Un bel équipement mal utilisé n'apportera rien à notre réseau.

Seule une rupture avec la logique du profit permettrait de résoudre les problèmes de mobilité des Amiénois et de faire vivre le centre-ville.

Les transports à Amiens ne seront jamais rentables. Autant en faire un vrai service public.

 Abstention de Cédric Maisse

Point 24 - Taxe sur les ordures ménagères

On ne peut pas dire que cette taxe soit restée au même niveau car avec la suppression d'un ramassage par semaine, l'usager paie autant pour un service inférieur.

Point 25 - Budget 2014

Nous avons pris acte de la baisse des dotations accordées par l'État. Le mouvement d'avant 2012 se poursuit. De manière incohérente, l'État accorde plus d'autonomie et plus de missions, mais on n'en donne pas les moyens.

À l'époque, on disait que ces baisses de dotations nous forçaient à mener une politique d'austérité. Aujourd'hui, si la couleur politique a changé, la contrainte s'accentue, et on ne dit plus rien.

Et pourtant, l'austérité à continué de s'imposer dans nos choix politiques.

- Les recettes non fiscales ont augmenté de façon continue, traduisant des hausses de tarifs dans quasiment tous les domaines depuis 6 ans. Dernièrement, ce sont les handicapés qui ont vu le prix des transports adaptés augmenter, et la piscine devenir payante.

- Le personnel est maintenu sous pression constante : il suffit d'écouter les agents et les syndicats pour entendre qu'ils ne supportent plus le mépris et les réorganisations. On les considère comme un poids mort et on préfère rémunérer des actionnaires en signant des délégations de service public. Cela nous revient plus cher de passer par une délégation de service public plutôt que de passer par une régie ou une société d'économie mixte.

- La citadelle fait figure de péché originel pour notre mandature. Le sujet n'avait même pas été évoqué pendant la campagne des municipales de 2008, et ce sera finalement notre seul véritable projet. On investit dans le déplacement d'une faculté d'un point à un autre, c'est le domaine de compétence de l'État, pas celui d'Amiens-Métropole.

On apprend en plus que la deuxième tranche ne se fera jamais, ce sera donc une demi-faculté.

Le seul effet que peuvent escompter les Amiénois, c'est la gentrification du secteur, notamment de Saint-Maurice : les classes populaires seront reléguées à la périphérie de la ville par la spéculation immobilière.

On aurait dû lancer le tramway dès 2008 au lieu de se perdre dans la reprise d'un vieux dossier de Gilles de Robien.

Aujourd'hui, on en est réduit à mettre en place un tramway au rabais, avec une ligne unique, en promettant une deuxième ligne, un jour, peut-être.

- On a lancé l'année dernière toute une concertation sur la 4ème piscine. Plus aucune nouvelle depuis. Encore une fois, on n'a même pas les moyens de nos faibles ambitions.

- Le dernier exemple en date de cette gestion est la Cotisation foncière des entreprises. On assomme le centre-ville, pourtant déjà bien mal en point (il suffit pour s'en convaincre de compter le nombre de fonds de commerce vides dans une rue). Il ne restera bientôt plus que des banques, des assurances, et des chaînes, les seules à avoir les moyens de résister à la pression.

On se débarrasse du commerce de proximité au profit des grandes surfaces. Et tout ça pour une bien modeste recette fiscale de 700 000 euros.

Jacques Lessard et Gilles Demailly se targuent en permanence d'assurer une gestion "sérieuse". Thierry Bonté s'est lui fendu d'un vibrant satisfecit à l'égard du vice-président aux Finances.

Nous avons peine à voir où se situe le sérieux, quand les logiques de profit et de rationalisation étranglent à la fois le service public et l'économie locale. Après six ans d'abstention critique et de vains espoirs en une hypothétique réorientation politique, nous prenons acte de ce dernier budget d'austérité.

Pour la première fois depuis 6 ans, nous avons voté CONTRE le budget.

Point 36 - Achat du centre équestre de Dury

Devant le flou entourant ce point, nous avions initialement prévu de voter contre. On nous répète à l'envi que l'argent manque pour soutenir tel projet, pour assurer la gratuité d'un service, pour garder des biens immobiliers qui pourraient utilement servir la collectivité... Et subitement, nous devrions faire l'achat d'un centre équestre.

Après explications des intéressés sur l'utilité et le sens de cette démarche (il s'agit d'éviter que le centre équestre soit vendu à vil prix et qu'il poursuive une activité largement subvnetionnée par la Région, le Conseil général et Amiens-Métropole), nous nous sommes abstenus.

Abstention de Cédric Maisse

 

 

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