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Le blog de Cédric Maisse

Compte-rendu de la réunion citoyenne du Front de gauche amiénois

25 Septembre 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

J'espère que ce compte-rendu sera un outil de réflexion. J'ai tenté d'être le plus impartial possible même si certains ont fait preuve d'une solide mauvaise foi ou ont déformé des faits. Si quelque chose ne va pas, dites-le moi pour que je vois s'il faut faire une correction, tout cela bien sûr avant de me jeter un pot de fleurs à la figure ou de m'exclure de je ne sais quelle instance. 

Le 23 septembre 2013, salle municipale St Honoré, le collectif amiénois du Front de gauche a organisé une assemblée citoyenne sur le bilan 2008/2014 de la majorité municipale de gauche sortante. En incluant les élus du groupe "communistes et citoyens" présentant leur bilan devant une quarantaine de personnes.

J. Lessard (adjoint aux finances PCF) : On va parler du bilan même si ce sera bref.

De 1971 à 1989, la ville a été dirigée par René Lamps, maire communiste.

En 1989 il y a eu 2 listes à gauche (PCF : Lamps 27 %, PS : Delignières 17 %).

G. de Robien a gagné au deuxième tour avec 55 % des voix.

En 1995, toujours pas d'accord à gauche (PS : F. Lec:13 %, PCF : G. Maisse : 12 %, G. de Robien élu avec 55 % au premier tour).

En 2011, il y a l'union de la gauche avec M. Gremetz et F. Lec (20 %) malgré une liste des Verts (8 %)

Un nouveau rassemblement se constitue entre 2004 et 2007. Cela aboutit à une liste commune en 2008 réunie autour de 3 valeurs : démocratie, solidarité, écologie.

La désunion à gauche a valu 19 ans de règne de la droite. Nous avons fait une construction politique originale à laquelle les communistes ont apporté leur contribution. Nous sommes entrés dans la solidarité de gestion.

Nous acceptons le droit de critique positif ou négatif sur notre action.

La crise nous a imposé des changements de cap en réorientant les politiques publiques. Le gouvernement de droite a asséché les ressources avec la suppression de la taxe professionnelle.

Ici commence l'énumération assez fastidieuse de 20 projets mis en place ou pas par la collectivité.

Il s'agit d'améliorer le contact avec la population et le personnel. Il faut freiner à ce qui nuit au vivre-ensemble. On doit pouvoir résister aux crises et préparer un avenir meilleur. Je terminerai sur cette question : comment fait-on demain ?

L. Beuvain (Conseiller Municipal PCF délégué à la Prévention des risques urbains, président du groupe communistes et citoyens: des dotations vont venir compenser les insuffisances. Il y a un retour de l'État a minima. Les communistes, s’ils sont critiques quant à la politique menée nationalement par le PS, peuvent l’être aussi localement.. Les difficultés résident dans la capacité d'écoute. Mais il est plus utile de ne pas montrer ses divergences. Il y a des critiques mais politiquement ça va.

M. Mugnier (Gauche Unitaire) : D'abord je tiens à vous remercier (les adjoints) d'être là. Faire un bilan est un exercice délicat. Le débat a été ouvert auparavant et il faut le continuer afin d'avoir une cohérence commune. Il est important de faire un état des lieux en toute amitié. La GU tient à rappeler que la période 2008-2013 a été caractérisée par de gros bouleversements au niveau national, par une victoire de la gauche qui a un peu oublié ses projets et par la naissance en 2009 du Front de Gauche. Je n'étais pas à Amiens en 2008 mais certains camarades de ce qui n'était pas encore la GU avaient refusé d'être sur la liste de la gauche.

Dans le bilan de la gestion municipale, je vois 3 points négatifs : le service public, la petite enfance, la restauration. La question du transport a débouché sur un ratage. La délégation de Service public (DSP) n'est pas tout à fait ce que l'on peut envisager de mieux pour les transports publics. On peut envisager l’éventuelle gratuité dans les transports publics qui est une revendication du Front de Gauche.

Quant à la démocratie «  participative », il y a sentiment de distanciation par rapport aux élus : comment agissent les élus ? Et il y a nécessité de poser la question d’une participation populaire.

Je déplore la réponse sécuritaire faite par l’adjointe au maire à la sécurité au moment des « émeutes » de l’été 2012. Comment faire entendre une autre voix ?

Que fait-on maintenant ? Il faut un projet commun au Front de Gauche qui doit être à l’initiative d’une liste alternative qui fera le lien entre le local et le national. Il est nécessaire de s'adresser à l'ensemble des forces de gauche en confrontant publiquement nos projets. Donc il s'agit de chercher des alliances pour rompre avec le libéralisme.

J.-M. Warin (Parti de Gauche) : Il s'est passé des choses depuis 2007. On a pu réunir des militants de tous horizons. L'évolution doit nous conduire à ne pas se figer sur le passé. Le PG a déclaré que constituer une liste avec le PS actuellement sera une marche en arrière dramatique. On décevra beaucoup en faisant ce choix. Il faut constituer quelque chose de nouveau car ce n’est pas avec le PS qu’on va changer les choses. Pour l'instant la municipalité, c'est mettre des petites guirlandes. Que disent les gens ? « Demailly, on ne le voit pas, c'est cause toujours. »

Il y a le problème du stationnement et la gestion des parkings par Vinci.Sur le logement social, l'est-il vraiment ? Y a-t-il un gardien ? Des salles communes ? On n'a pas de réponse à ce sujet. Les Amiénois vont dire des élus : "ils ont bouffé au râtelier comme tout le monde".

P. Annoot (adjointe PCF à la solidarité) : je n'accepte pas cette expression !

J.-M. Warin : je ne fais que rapporter un sentiment.

L. Delab (PCF) : j'aimerais que l'on ne se glorifie pas trop. En 2008 il y a eu un mouvement à gauche. C'était un désaveu et un rejet de la politique de droite. En 2012, c'est pareil. Pour moi le bilan est assez positif. En 2014 il y aura un mouvement qui existe avec un désaveu de la politique générale qui peut faire le jeu du FN qu'il en faut pas mésestimer. Qu'allons-nous proposé d’innovant ?

G. Vincent (militant Front de gauche) : je suis actif sur Amiens depuis 1989. En 2001, je tiens à préciser que c'était une liste rouge-verte. On a fondé des comités de citoyens pour discuter du projet municipal : cela a permis l'union de la gauche. En 2007, le contexte local compte : de Robien avait fait 3 mandats. En 2008 j'ai fait 2 mois de porte-à-porte. Le PS est en perte de vitesse, il peut être un obstacle à l’union de la Gauche. Le bilan qui a été fait en introduction est celui de la majorité municipale.

Le programme qui a été mené manque de visibilité. Dans le logement, on n'a pas fait d'éco-quartier. On voit surtout beaucoup d'opérations immobilières avec beaucoup de panneaux Vinci à Amiens.

La question du tramway vient trop tard...

Il faut travailler de manière constructive sur 3 points : une liste Front de Gauche élargie à des Verts, à des socialistes déçus, un renouvellement de l’équipe municipale et la construction d’un projet municipal commun.

N. Brusadelli (GU) : il ne faut pas aller vers une liste avec le PS. Mais on ne doit mettre personne au piloris. Je perçois 3 points qui ne vont pas :

1 - les mauvaises relations de l’équipe municipale avec le personnel de la mairie (même la CFDT s’en plaint !) 2 - l’extension du stationnement résidentiel (on ne veut pas des pauvres en ville, c'est la « gentrification » du centre–ville) 3 – les subventions aux écoles privées, à Procter & Gamble et Business & decision alors qu'on aurait pu aider des coopératives par exemple.

Ch. Fournier (CGT Whirlpool) : je ne suis pas d'accord avec les subventions versées aux entreprises qui délocalisent. Les délais d’attente sont trop longs dans les transports et je regrette de voir des personnes âgées qui n'en peuvent plus d'attendre, je déplore la réduction de la collecte des ordures ménagères. On oublie les usagers. Cette municipalité prend les gens de gauche pour des imbéciles.

Serge Compagnon (PCF) : avant tout, il faut battre la droite et l'extrême-droite. Les délégations de service public peuvent être nécessaires si on n'a pas les moyens. On a des perspectives avec un nouveau combustible prévu par le réseau de chaleur.

Quant à la question de la question sécuritaire, je pense que la réponse est nationale et non locale.

La gratuité des transports peut être difficile. C'est difficile de proposer, notre projet commun peut être en contradiction avec les autres forces de gauche. En tout cas se limiter à une liste Front de Gauche, c’est un peu casse-gueule. Il faut faire une liste de large union à condition que le programme nous permette d'avoir une vraie politique de gauche. Nous avons beaucoup de grains à moudre. Le bilan aurait été pire si la droite avait géré. Notre municipalité a permis que l'austérité soit moins pénible aux déshérités. Donc une large union est la moins mauvaise solution, il s’agit de mettre des remparts au niveau local.

François Cosserat (apparenté PCF, délégué au réseau de chaleur) : je suis à l’origine d’un service public « chaleur énergie » alors que cela n’était même pas dans le programme. Le prix de la chaleur a baissé de 15 %. 5000 logements sont concernés, 20 000 dans 4 ans. On remplace les énergies fossiles par du renouvelable en évitant de punir les gens. Dans les transports, les traminots ne veulent pas être rattachés aux fonctionnaires territoriaux. Je n'ai rien contre la gratuité des transports mais il faut des moyens. Je pense aussi que le travail en direction des milieux associatifs est insuffisant.

Cédric Maisse (conseiller municipal PCF) : le PS, sous couvert d'un programme généreux, laisse le marché décider. La politique menée au niveau national a d’abord été expérimentée au niveau local. Tout découle d'un seul mot : AUSTÉRITÉ. Dès la fin 2008, il y a eu une rupture avec les Délégations de service public) (la CFT puis Keolis dans les transports, le Zénith, Mégacité). On a affaibli les services publics avec, par exemple, les maisons de retraite qui ont été mises en autonomie. Le personnel de la mairie est maltraité, la mairie fait l’unanimité des syndicats contre elle.

Il y a un manque de débats permanent, le maire répond par le mépris. Toute proposition alternative est pour lui une folie car seul le marché est naturel !

L'austérité c'est l’augmentation des tarifs que le Pcf dénonçait dans sa campagne municipale en 1995. C'est aussi le manque de contrôle politique du territoire. On donne des subventions aux écoles privées (ESIEE, Sup de Co) mais on laisse faire : un professeur de l'ESIEE a été licencié parce qu'il alertait sur la baisse des effectifs étudiants. On n'a rien dit.

Sur la sécurité, la majorité de gauche a résisté longtemps, puis la vidéo-surveillance s'est étendue avec des caméras mobiles que le citoyen ne peut pas localiser.

Enfin le projet coûteux de la Citadelle, projet personnel du maire, qui a abouti à l'asséchement des finances nécessaires à la réalisation de la 4ème piscine à Etouvie et du tramway.

Faire une liste Front de gauche autonome n'est pas synonyme de défaite, elle va au contraire créer une dynamique à gauche.

J. Annoot (PCF) : on ne doit pas faire d'autosatisfaction mais pas dans le démolissage non plus. Il faut discuter des propositions et de la stratégie. Je suis mesuré. Il y a un écart de perception entre les militants et les gens qui, eux, séparent le local du national. Qu'est-ce que veut le Front de gauche ? Faire du témoignage ? Punir les socialistes ? Ou faire une bonne politique ?

Quelle stratégie pour une élection locale ? La proportionnelle n'existe pas au niveau local. Pour avir des élus il faut faire plus de 10 % au premier tour.

J'étais employé municipal, je suis à la retraite depuis peu, j'ai dû repartir en formation à 59 ans. On constate, ça ne va pas et puis c'est tout...

I. Graux (adjointe au logement) : on a construit 3500 logements sur l'agglomération. On sera à 3700 à la fin du mandat. Depuis 2008 faute de subventions de la part de l’Etat, la municipalité n’a pas fait autant qu’elle aurait voulu. Monter de nouveaux projets est difficile. On a imposé 1/3 de logements sociaux dans tout nouveau projet. Les promoteurs privés ont des problèmes là.

Comment on fait pour que les gens se saisissent vraiment de leur vie ? Il faut que chacun joue son propre rôle. On a à cœur de montrer que l'on a tenu nos engagements. On n'a lâché sur rien. On ne sera pas élu sur le bilan mais sur un programme. Le bilan est une 1ère étape, il faut faire rêver les gens. Dans cette équipe, il y avait des gens impliqués et la vie des gens à Amiens a changé. Même si on est battu, on aura suffisamment changé les vies des gens pour que l'on s'en souvienne.

A. Martin (militante Front de gauche) : je milite au Front de gauche avec beaucoup de bonheur. J'ai fait des campagnes supers. J'ai tracté beaucoup. Je suis très attachée au Front de gauche car je ne suis pas dans une chapelle. Quand on parle du Front de gauche, il faut une légitimité. Je ne la vois pas chez Cédric Maisse. La légitimité appartient à ceux qui ont fait le Front de gauche à Amiens.

Faire ce bilan devient ici une réunion à charge, cela me gêne un peu. Il y a eu plus de places en crèche et la gratuité des bibliothèques. Pourquoi faire une telle réunion pour présneter négativement les choses ? Au sein du personnel, j'ai rencontré des personnes qui ont vu des choses positives. Essayons de faire un bilan équilibré. Je suis troublée.

P. Annoot (adjointe PCF à la solidarité), le bilan est très positif. Tout n'est pas parfait, je suis aussi critique. On a de plus en plus de demandes d'aide sociale. On a multiplié par 3,4 le budget de l'aide facultative (de 200 000 à 472 000 euros).

On a fait les jardins solidaires. Mais on ne va pas faire une liste à la Prévert. J'ai récemment signé une convention EDF pour éviter les coupures d’électricité. Pour la gratuité des transports, il faut en discuter. Est-ce faisable ?

Pour la démocratie locale, on a fait des choses mais c'est nettement insuffisant. J'ai le sentiment que l'on est sur le terrain. Mais des personnes pensent que l'on est loin de leurs préoccupations.

J. Vicaine (GU) : à quoi peut servir le Front de gauche ? À proposer des politiques de rupture sur ce qui est réalisable. Je ne veux pas être dans le témoignage. La question de la liste unique consiste à mettre la charrue avant les bœufs. Peut-n se mettre d'accord pour améliorer la vie des gens ? Il y a des perspectives de travail. Comment agir ? Il faut créer du commun pour l'avenir.

V. Denorm (militant FdG) : la continuité par rapport à 2008 n’est pas possible. Le centre de gravité doit être le Front de Gauche. G. Demailly s'est retiré. Quelque soit le partenaire, on continue ? Il y a des portes ouvertes, des choses à creuser. Il faut aller un peu plus loin avant de faire la continuité d’hier.

C. Généreux (militante FdG) : je me suis engagé au moment des présidentielles. Le bilan a été très long et il ne me parle pas. Je suis étonnée qu'il y ait si peu d'auto-critiques. Les problèmes posés par la citadelle ou le tramway n'ont pas été évoqués. Pourquoi mettre dans l'inventaire tout ce qui a été fait, des choses que n'importe quelle municipalité aurait pu faire ? Je trouve cela peu convaincant. Faut-il une alliance avec le PS ou pas ? Et avec lesquelles ?

J. Lessard (adjoint PCF aux finances) : Le stationnement résidentiel est 2 à 3 fois plus cher dans d’autres grandes villes. Les gens le demandent de toute façon. G. de Robien le faisait gratuit...

Les subventions aux entreprises, je rassure, cela ne se fait plus...

Sup de Co ne reçoit pas de subventions de la mairie qui héberge seulement cette école gratuitement. L'ESIEE va se rapprocher de l'université.

Les tarifs qui augment suivent l’inflation. Il faut maintenir le niveau des recettes.

Pour la gratuité des transports, qui paie ? C'est le contribuable. C'est un peu compliqué. Il y a le versement transport. Mais il sera difficile de se passer des 5 millions de recette. Il faut que l'État nous aide à financer. S'il nous donne les 5 millions, là, c'est possible...

Quant à la réalisation du tramway il est illusoire ou être un amateur que de penser que ce soit réalisable en moins de 6 ans.

Quant au personnel, il faut se rappeler qu’il était totalement désorganisé en 2008. Notre majorité a dû faire beaucoup de chantiers de remise à niveau car on a trouvé des locaux dans un état déplorable.

Pour la stratégie électorale, il ne faut pas maltraiter les partenaires. On n'est pas bien dans notre tête, c'est un problème. Je n'ai pas envie que la droite démolisse le tram.

Le retour de la désunion, c'est un risque.

Je ne fais pas de politique hors-sol à Amiens. Je ferai tout pour que l'on aille ensemble, avec le PS. Il faut se développer encore face à une droite revancharde et destructrice.

 

La séance est levée à 22 H 40. Une réunion est prévue à une date ultérieure, encore indéterminée.

 

 

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Marine 12/10/2013 08:43

Puisque tu nous invites à signaler les erreurs, il y en a une de taille! Le service public, la petite enfance et la restauration sont pour Marianne des points POSITIFS et non négatifs, qu'elle a
tenu a relever avant de parler du reste. La correction arrive un peu tard et je n'ai pas lu la suite, chacun m'en excusera (ou pas).
Marine