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Le blog de Cédric Maisse

Article du Courrier Picard : AMIENS Des fuites mais un prix raisonnable

18 Juin 2010 , Rédigé par Cédric Maisse

AMIENS Des fuites mais un prix raisonnable

La régie de la Métropole remplace 1 600 branchements en plomb par an. Elle commence à voir désormais le bout de ce programme de travaux, débuté voici plusieurs années.

Alors que le réseau de l'agglomération perdrait 20 % de son eau, la Métropole estime devoir porter l'effort en priorité sur la préservation des sols et des captages souterrains. Lesquels permettent de « produire » et assainir une eau à prix contenu.

Le taux avait fait grincer fin 2009. Une enquête nationale avait révélé que le réseau d'adduction de l'agglomération perdrait près de 30 % de son eau, plaçant ainsi Amiens parmi les mauvais élèves. Le vote récemment en conseil d'Amiens Métropole du rapport 2008 de l'eau et de l'assainissement a remis le sujet sur la table.

« Nous en aurons la confirmation à la rentrée avec le rapport 2009, mais la réalité se situe plutôt entre 20 et 22 % de fuites », modère François Cosserat, conseiller délégué au développement durable. Pour qui l'explication réside dans la taille du réseau (près de 1 000 km) et dans un décalage identifié pour de l'eau consommée en 2008 et facturée en 2009.

Mais même avec un taux de rendement du réseau plus proche de 80 que de 70 %, la situation reste-t-elle acceptable pour autant ? L'élu communiste Cédric Maisse avait suggéré en conseil d'embaucher pour détecter les fuites. « Mais ce sont les consommateurs qui paieraient », lui avait alors rétorqué Gilles Demailly. « Sachant que l'on ne manque pas d'eau, est-ce que ça vaudrait le coût ? Trouverait-on beaucoup plus de fuites ? », s'interroge à son tour François Cosserat.

 

 Une nouvelle station d'épuration prévue à Glisy

Qui le rappelle : même si son prix augmente régulièrement, l'eau de l'agglomération (2,58 €/m3 contre 3,86 € sur le reste du bassin Artois-Picardie) reste parmi les moins chères des grandes villes du pays. Il en coûte en effet 310 € par an pour un foyer consommant 120 m3/an. Ce prix raisonnable tient à la gestion en régie du service. Mais aussi « à la qualité de la ressource », qui permet de capter l'eau dans les nappes phréatiques et non dans les eaux de surface.

« L'effort, nous le portons donc en ce moment sur la protection des captages », assure l'élu. Celui de la Selle (le plus important) mais aussi celui de Victorine-Autier, qui fait partie d'une liste de 500 à surveiller en France. Comme partout des résidus de pesticides existent toujours. Et les progrès réglementaires aidant, des traces médicamenteuses mal mesurées aujourd'hui, se révéleront à l'avenir. Néanmoins, si l'on s'en tient aux normes actuelles, les 59 000 analysées menées en 2008 ont attesté de la potabilité de l'eau.

Ce qui n'empêche pas de travailler à la préservation des ressources. Et des sols au-dessus. « Nous préparons justement avec la Chambre d'agriculture un texte commun pour favoriser les bonnes pratiques agricoles dans le Grand-Amiénois », annonce l'élu.

De la même manière, de nouveaux investissements vont encore intervenir sur l'assainissement.

Outre le projet inédit de station d'épuration par lagunage à Thézy-Glimont (voir ci-contre), un nouvel équipement est programmé sur Bertangles à échéance 2011/2012, tandis qu'une autre station est également attendue à Glisy. Elle viendra remplacer les trois actuelles de Longueau, Glisy et Boves.

GAËL RIVALLAIN et de notre correspondante ANNE-SOPHIE WARMONT

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COMMENTAIRE : dès que l'on parle d'embauche, Gilles Demailly dit que cela va coûter cher. J'avais dit en assemblée que les embauches permettraient sans doute de faire des économies puisque l'on empêcherait les fuites en les détectant tout d'abord et en les prévenant ensuite par l'entretien du réseau d'adduction d'eau. François Cosserat ne rejette pas forcément l'idée. Tout au moins, il serait intelligent de faire une étude. Mais en a-t-on la volonté politique ?

Pourtant ce n'est pas seulement une question purement financière. Il s'agit aussi de préserver une ressource vitale pour l'Homme. Notre préoccupation se doit d'être aussi écologique. Pourquoi ne voir les choses qu'en termes d'équilibre purement gestionnaire et financier ? Préserver l'eau comme ressource naturelle n'est-ce pas un investissement pour l'avenir ?

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