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Le blog de Cédric Maisse

Après le suicide d'un de ses agents, la mairie d'Amiens doit tout faire pour la prévention et pour améliorer les conditions de travail.

19 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

 

Nous avons été bouleversés par le suicide du directeur général adjoint J. Bordone sur son lieu de travail. Nous ne pouvons accepter que cette tragédie soit réduite à un simple fait divers. Nous adressons nos sincères condoléances à ses proches.

Cette tragédie vient deux ans après le suicide d’une responsable du conservatoire. Elle a eu lieu sur le lieu de travail, ce qui n’est pas un hasard comme nous l’ont montré les précédents d’Orange, de Renault… Nous savons que la gestion des services publics municipaux est catastrophique, irrationnelle et se fait trop souvent contre les agents.

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) préconise : « Une communication interne forte doit souligner la gravité de l’événement et prendre en compte la part éventuelle du travail dans sa survenue. Les raisons d’un suicide sont toujours complexes à démêler. Mais il faut accepter de rechercher d’éventuels facteurs liés au travail et envoyer ainsi aux salariés le signal que des actions pour améliorer les conditions de travail sont possibles. À l’inverse, réduire d’emblée les causes du suicide à des raisons personnelles fait passer le message que l’entreprise ne s’interroge pas sur son organisation du travail et que rien ne va bouger ».

Force est de constater que la communication de la municipalité n’est pas à la hauteur des responsabilités de notre collectivité qui a des obligations réglementaires sur la prévention et la souffrance physique et psychologique au sein des services.

À ce propos justement de la médecine du travail, il n’y a toujours pas eu de recrutement d’un médecin au sein du nouveau service internalisé. Ce service peut-il fonctionner correctement ?

Qu’en est-il du bilan social ? Qu’en est-il du résultat de l’enquête sur les arrêts maladie et de leurs relations aux conditions de travail ? Dans notre journal l’Aube nouvelle et en Conseils, nous avons plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme.

Nous ne pouvons accepter que le Maire passe outre les décisions du conseil de discipline (voir Courrier Picard du 11 juillet 2013) ce qui fragilise la position de l’agent dans ses fonctions : tout le monde a droit de se défendre et tout ne doit pas dépendre d’une décision unilatérale de G. Demailly.

Dans l’immédiat nous demandons qu’une enquête au sein de tous les services de la Mairie soit diligentée suite à ce suicide avec les représentants du CHSCT et des commissions paritaires compétentes.

Pour le groupe communiste en action

Cédric Maisse

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Didier Cardon : « Comme Hollande, maigrir, c'est conquérir ! »

13 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

 

Analyse de l'entretien de Didier Cardon publié dans le Courrier picard de ce jour. (cette fois la photo n'est pas floue)

 

1) « Je suis dans le temps collectif. Il faudrait que les socialistes soient beaucoup plus responsables que par le passé et comprennent que les divisions entretenues amènent des décisions prises par les autres», explique-t-il. Didier Cardon admet que les socialistes n'ont pas été très responsables (à la mairie et ailleurs ?) pendant ces 6 ans à la mairie. Comment peut-on affirmer cela quand on est soi-même 14ème vice-président à la formation d'intérêt communautaire et l' enseignement supérieur ? Il ne s'est donc pas considéré en responsabilité alors qu'il y était réellement ! Qu'est-ce que cela veut dire ? Il était au pouvoir sans l'être. Pourtant il a bien oeuvré en faveur du projet inutile et pharaonique de Gilles de Robien : le transfert des étudiants à la citadelle. Il a joué à deux reprises , en assemblée, les Ponce Pilate en ce qui concerne la gestion de l'ESIEE Amiens alors qu'il y avait tout de même un licenciement abusif et des questions au sujet du harcèlement d'une salariée.

2) « Il faut profiter de la campagne pour en faire un large débat. Moi, je suis attaché à l'école et à sa gratuité. » Pas question de faire payer les activités péri-scolaires donc. C'est plutôt positif mais on peut avoir des doutes. Quand une réunion est organisée au sujet de l'avenir compromis du lycée professionnel de Flixecourt, Didier Cardon, vice-président région à l'enseignement, ne se déplace même pas ! Rappelons aussi que les représentants des professeurs au conseil d'Administration de son lycée (Robert de Luzarches) ont démissionné de façon collective : il ne donnait même pas les documents 10 jours avant les réunions comme les règles l'imposent... « Collectif », « large débat », ce ne sont que des mots ou des lieux communs. On ne va pas dire : « je vais organiser un débat restreint sur tel ou tel sujet... » Ce qui compte avant tout, pour un parti de pouvoir comme le PS, c'est qu'il y ait un débat mais qu'il soit consensuel et surtout pas contradictoire. Sinon vous êtes viré ! Cela fait 4 ans que nous ne sommes plus invités au séminaire de la majorité municipale. Didier Cardon n'a jamais rien dit à ce propos...

3) « La mobilité, ce n'est pas que le tramway. Il faut sortir du rejet de la voiture. Des habitants de la métropole n'ont que la voiture pour venir en ville. Et le tramway, il faut le remettre dans une perspective globale. Si l'on envisage de créer deux lignes un jour, il faut le dire aujourd'hui» Nous sommes contents d'apprendre ses options politiques dans le Courrier Picard car, en assemblée, Didier Cardon ne dit absolument rien. Pourtant ce qu'il avance là ressemble beaucoup à ce que j'oppose à G. Demailly en conseil, ce qui me vaut répliques acerbes et méprisantes. Ce serait bien que Didier Cardon ait un peu plus de courage... Mais non, il a laissé faire bien sagement en adhérent socialiste bien discipliné ou, pire, il a abandonné sciemment G. Demailly à ses erreurs (D. Cardon était son concurrent à la candidature en 2007).

4) « J'ai pris ma première carte en 1974 à l'âge de 17 ans, dans la lignée des valeurs de mon père, l'humanisme et la laïcité, ni Dieu, ni maître »Ces informations sont-elles utiles ? Ce n'est pas parce que l'on est un ancien que l'on a forcément raison... Il veut nous séduire avec son slogan anarchiste « Ni Dieu, ni maître ! ». D. Cardon, le nouveau Blanqui ! C'est assez comique. En réalité, il joue la carte de l'identité du parti mise à mal par G. Demailly qui se disait au-dessus de lui. D. Cardon est l'héritier d'une histoire dont il est fier. C'est vrai que G. Demailly ne se référait à rien : seul le marché servait d'arbitre...

5) « Et je connais très bien les acteurs du monde économique qui savent comment je travaille». C'est une phrase qui sert à donner du sérieux. Il n'est pas que dans l'enseignement. Attention ! Il a des relations. Avec qui ? On ne sait pas. Les « acteurs du monde économique », tel que c'est dit, c'est certainement plus le patronat local et la chambre de commerce que les syndicats de salariés... D'ailleurs D. Cardon ne s'est jamais opposé aux grasses subventions octroyées à Procter & Gamble, Business & Decision... qui sont des multinationales en grandes difficultés. D. Cardon, c'est le socialisme tendance A. Montebourg. On vient défendre les ouvriers de Goodyear pour avoir une belle image et après on va partager les petits fours en hauts lieux.

6) Cet amateur de bonne chère a perdu 20 kg depuis avril dernier. « Et je veux encore en perdre dix ». Encore une information utile qui relève de la vie privée. C'est la méthode Hollande. Maigrir conduit à la victoire ! C'est le socialisme tendance Weight Watchers. On montre que l'on fait des efforts pour avoir un corps conforme aux canons des publicitaires. Je maigris pour vous, alors votez pour moi ! Au PS, on se fait une belle idée des motivations des électeurs...

7) « Je suis un sportif, et un rugbyman. Dans ce sport, il n'y a pas d'action individuelle sauf à la fin. Il faut d'abord une construction collective ! » Encore le mot collectif. On voit bien, en creux, qu'il n'y a rien eu de collectif en 6 ans (voir l'entretien de Th. Bonté qui fait le même constat). Seulement ce qu'il dit sur les décisions collectives, c'est ce que le programme annonçait en 2008. Le PS a échoué sur ce plan. Il glisse quand même une idée inquiétante : « pas d'action individuelle, sauf à la fin » Soyons collectifs mais pas trop. Le maire reste celui qui marque à la fin. L'équipe doit travailler pour lui. D. Cardon oublie que les élus travaillent avant tout pour le bien commun, pour la Ville en général et ses habitants. Il perçoit l'action publique comme une compétition. Rien de neuf sous le soleil amiénois en somme.

8) « Je veux des politiques qui tracent une voie mais qui restent en capacité d'écouter les gens et mettent les services de la collectivité en capacité d'agir». Le « je veux » est révélateur. Le collectif a disparu... Mais au moins, il souhaite définir un axe politique avec des objectifs, c'est déjà cela. G. Demailly évoluait dans un épais et constant brouillard. Il admet encore que le futur ex-maire n'écoutait pas et ne mettait pas les services en capacité d'agir...

 

En conclusion, cet entretien nous montre ce que sera la future campagne du PS aux élections municipales. Il va critiquer, un peu, le bilan de G. Demailly et remettre sur le devant de la scène le programme de 2008 (tramway, 4ème piscine, primauté du collectif). Il va jouer la carte de la nouveauté et de la personnalisation : tout était de la faute de G. Demailly. L'enjeu, pour le PS, sera de faire oublier que toute la gauche municipale (sauf 3 élus communistes) a soutenu sa politique d'austérité et n'a jamais osé prendre position publiquement pour ne serait-ce qu'avertir le maire qu'il prenait une mauvaise direction...

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COMPTE-RENDU DU CONSEIL D'AMIENS-METROPOLE DU 4 JUILLET 2013

10 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

 

Nous avons été déçus par le compte-rendu rédigé par le Courrier Picard du samedi 6 juillet. La proposition de gratuité répondait à une augmentation des prix. A moins que le journaliste présent estime que ces augmentations sont négligeables comme l'a dit le vice-président aux transports Th. Bonté. De plus ce jour même, le Courrier Picard parle des augmentations du régime indemnitaire ce dont il était question à ce conseil. Le Courrier Picard est le seul média d'importance à continuer à suivre les conseils des collectivités, c'est bien mais il est tout de même dommage qu'il n'ait pas profité de cet article pour donner notre point de vue exprimé en conseil en tant que représentants élus.

 

Décisions du président :

 

Le tarif à l’unité ne change pas, tant mieux. Mais pratiquement tous les autres tarifs augmentent :

  • le carnet de 10 tickets augmente de 4%

  • l’abonnement d’un mois annuel augmente de 14%

  • les étudiants, qui avaient fait circuler une pétition pour demander des baisses de tarifs, subissent également une hausse de 2,8% sur l’abonnement mensuel et de 5% sur l’abonnement annuel.

  • L’abonnement annuel jeune augmente de 7%

 

Par ailleurs, il est question dans les délibérations de la semaine de la mobilité : le ticket journée passe de 3,50 € à 1 € pour cette période. Pourquoi ne pas proposer la gratuité, au moins au cours de cette semaine, si l’on veut vraiment relancer la fréquentation du réseau ? Et plus largement, quand on sait que les recettes ne financent que 17% des frais de fonctionnement, autant rendre le réseau de bus tout simplement gratuit ?

 

 

Point 20 : Avenant à la Délégation de Service Public transports

 

On répond aux besoins exprimés par les Amiénois. C'est plutôt une bonne chose. MAIS

 

On ajoute en 2013 10 000 km commerciaux supplémentaires pour répondre à ces besoins. C’est une année électorale, il ne faut donc pas trop de mécontents.

 

Pourtant, d’ici à 2017, le nombre total de km commerciaux va baisser de 3000 par an, ce qui le fait in fine retomber à son niveau initial.

 

Dans le même temps, on prévoit une hausse du taux de couverture des recettes :

Ainsi les dépenses de personnel baisseront, et dans le même temps, les recettes, et donc les tarifs des tickets et des abonnements, augmenteront.

 

C’est une logique d’austérité. Résultat : un service de moindre qualité coûtera plus cher.

 

Il serait plus utile de faire la gratuité : des villes de droite comme de gauche l’ont fait, c’est dans le programme présidentiel du Front de gauche, et c’est conforme à l’esprit du programme de la majorité de 2008.

 

ABSTENTIONS : 2 (M.-H. Loew et C. Maisse)

 

Point 15 : augmentation du régime indemnitaire du personnel municipal

 

Sur la forme, on constate l’habituel manque de concertation : ainsi le dossier voté le soir en Conseil de métropole, n’a été présenté que le matin même aux représentants syndicaux en CTP. C’est de l’improvisation. On se sert de la désorganisation pour faire passer ce que l'on veut dans la plus grande confusion.

 

Dans les faits :

Le matin même, les syndicats votaient contre ou s’abstenaient sur ce projet. Pour en connaître la raison, nous les avons contacté, ainsi que nous avons l’habitude de le faire (cf. dernier numéro de l’Aube nouvelle)

 

1) Deux directeurs généraux adjoints voient leur régime indemnitaire mensuel augmenter de 1200€ chacun, du fait d’un rééquilibrage par rapports aux autres Directeurs Généraux Adjoints (DGA). C’est donc une bonne chose.

Mais d’un autre côté, quand 18 ASVP demandent une augmentation de 45€, alors qu’ils gagnent le Smic, on leur répond que ce n’est pas possible car le budget est contraint. 45€ x 18 agents, ça fait 810 euros par mois. Alors que l’augmentation des deux DGA revient à 2400 euros par mois.

 

2) On créé dans l’échelonnement des régime indemnitaires un niveau 7 bis. Il y a d’abord un problème de logique : les niveaux s’échelonnent en ordre inverse jusqu’au niveau 1, le plus élevé. Or le niveau 7 bis est à 580 € quand le niveau 7 est à 497 € et le niveau 8 à 414 €. Il devrait donc s’agir d’un niveau 6 bis. Ce genre d’erreurs ajoute à la confusion.

Et comme dirait Martine Aubry, « là où c’est flou, il y a un loup ».

 

3) Nous ne sommes pas contre les revalorisations. Mais autant être clair et ne pas créer des seuils intermédiaires. C’est une bonne chose de rémunérer le personnel en fonction des missions et responsabilités qui lui incombent. Mais il faut que les changements de niveau dépendent de la responsabilité du président, et non d’une commission de travail qui dilue les responsabilités.

 

4) Enfin, il faut penser aux catégories C. C’est une question d’équité, équité mise en avant constamment par G. Demailly.

 

ABSTENTIONS : 2 (M.-H. Loew et C. Maisse)

 

 

Point 21 : subvention à Business & decision

 

Il s’agit d’une multinationale installée dans 16 pays. Elle emploie 2500 salariés, et son chiffre d’affaires est de 221,9 millions d’euros. On peut déjà douter de la nécessité pour elle de bénéficier d’une subvention de 200 000 euros de la part de notre collectivité.

 

Parmi ses clients, on trouve des banques (telles que UBS, ancienne banque de notre ami Jérôme Cahuzac, BNP Paribas, ou encore JP Morgan qui est mêlée à la fameuse crise des Subprimes). Quand on voit la responsabilité de ces dernières dans la crise financière de 2008, on peut se poser des questions sur la qualité de leurs conseils.

 

Comme toutes les entreprises désireuses de s’implanter ailleurs, Business & decision fait jouer la concurrence entre les territoires : c’est à la collectivité qui donnera la plus grande subvention que reviendra le « privilège » d’accueillir l’entreprise.

 

CONTRE : 2 (M.-H. Loew et C. Maisse)

 

Point 45 : Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine

 

Un équipement culturel qui est le bienvenu. On peut toutefois s’interroger sur la faiblesse du budget qui lui a été alloué. Quand on peint les plafonds en noir pour que les câbles ne se voient pas trop, on peut se demander si c’est suffisant alors qu’il s’agit de l’image que va renvoyer notre ville. La cathédrale et le projet méritent mieux que cela.

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Le vaporeux Th. Bonté accumule les lieux communs pour revendiquer une succession incertaine.

9 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

 

Avant de commencer une analyse des propos de Th. Bonté dans le Courrier Picard de ce jour, il est nécessaire de rappeler certains faits. Il a participé activement à la privatisation du réseau de bus amiénois en mettant fin à la SEMTA et en donnant tout pouvoir à la CFT puis à KEOLIS. Il a tenu des propos de casseur de grève et anti-syndicaux à plusieurs reprises dans le Courrier Picard, des propos que ne renierait pas le MEDEF. En outre, son comportement méprisant lors de certains conseils d'Amiens-Métropole est inacceptable de la part d'un homme qui se prétend ouvert, charmant et affable.

  1. 1) « Je ne suis pas en rupture vis-à-vis de ce qu'a fait Gilles Demailly, je veux m'inscrire en continuité. Mais bien sûr, nous aurons à faire un bilan critique sur notre propre mandat. » Tout d'abord, Th. Bonté a besoin d'affirmer qu'il n'est pas en rupture avec G. Demailly. Cela veut donc dire que c'est envisageable et même souhaitable par beaucoup d'Amiénois. Comme il semble être l'héritier désigné par le très prochain ex-maire, il ne peut que défendre l'idée d'une continuité. C'est une simple prise de relais mais il a besoin de rendre sa candidature quelque peu originale et intéressante donc il parle de bilan critique car il sait bien que la politique d''austérité menée jusque là a déplu largement à nos concitoyens. Comme B. Delespierre est gentil, il parle de dialectique alors que c'est juste un discours fumeux où on nous dit que l'on va continuer comme avant tout en annonçant sa volonté de changement (« Tout changer pour ne rien changer » la célèbre phrase de Tomasi di Lampedusa dans le Guépard. Cela illustre bien la façon de faire des sociaux libéraux)

  2. 2) « Nous allons nous appuyer sur les éléments les plus positifs de l'action entreprise pour élaborer un nouveau projet. » Utiliser du papier, de l'encre et le temps de travail d'un journaliste pour mettre devant les yeux du lecteur un tel lieu commun ! L'action municipale était tellement géniale que l'on ne retient que le plus positif, ce qui est juste bien est négligeable. Cela en dit long sur la prétention de ceux qui ont géré la ville pendant 6 ans. Toute critique ou simple demande d'informations était vécue comme une remise en cause insupportable de l'action de ces exceptionnels édiles.

  3. 3) « Je commence à y travailler, j'y consacrerai une partie de l'été avec d'autres. Il tournera autour de l'emploi, la formation, la création de nouvelles filières de recherche, la transition énergétique... Les collectivités locales ont des marges de manœuvre parfois plus grandes que l'État sur des investissements publics ciblés » . Le « je » prend une place importante dans l'entretien. Th. Bonté est un individu au-dessus du commun des mortels. Il va tellement travailler qu'il va y consacrer ses vacances (une partie seulement : le dévouement a tout de même des limites). Puis on retrouve les thèmes de campagne de 2008, passage où il manque cruellement d'imagination. Quant aux investissements, on sait que l'État a décidé de restreindre ses dotations aux collectivités. Les collectivités sont donc contraintes de prendre le relais. Mais Th. Bonté est au PS : il ne peut pas dire cela ainsi... Alors on emploie un langage de technocrate pour faire croire que l'on sait ce que l'on veut, que l'on connaît les enjeux et que l'on va entreprendre des projets malgré tout. C'est du volontarisme de façade.

  4. 4) « L'équipe actuelle n'avait pas d'expérience, elle a bien fait son travail. Je veux continuer avec une bonne partie de l'équipe existante ». Th. Bonté se pose en juge de l'action municipale, rien que cela. Il va distribuer des bons et des mauvais points. L'équipe n'avait pas d'expérience, elle a progressé, grâce à lui sans doute... Par conséquent il va pouvoir choisir qui va figurer sur sa liste ou non car c'est lui, évidemment qui va retenir ou non tel ou tel élu de l'équipe existante.

  5. 5) « J'aurai plus tard un certain nombre de choses à dire. Nous aurons un bilan critique à faire sur la gouvernance, l'économie sociale et solidaire, la démocratie locale, l'écologie urbaine. Mais nous le ferons ensemble, je suis solidaire. » Th. Bonté a du courage mais pas trop. Il a des choses à dire mais plus tard quand G. Demailly sera sur le départ. Il faut ménager la susceptibilité du chef. Et voilà le meilleur de l'entretien, le « je suis solidaire » de qui ? De quoi ? De lui-même certainement.

  6. 6) « Je vais faire une campagne préparatoire, j'irai voir les militants un par un. J'annoncerai d'autres initiatives », Trois « je » en deux courtes phrases. Il va partir en pèlerinage à la rencontre des adhérents du PS. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant ? Encore un élu qui ne se réveille qu'au moment fatidique des élections, quand le pouvoir est en jeu. Le reste du temps, ne lui demandez rien.

  7. 7) « Ce sont des choses que j'expliquerai, que nous expliquerons et que les Amiénois comprendront » Le « je » se transforme en « nous » grâce à Th. Bonté, il est bien le seul capable de réaliser une véritable équipe solidaire. Ce n'était donc pas le cas avant. Il sera un vrai chef. Ou bien il s'est juste corrigé au cours de sa phrase : «  Ah oui, mince, je ne suis pas seul, la liste aura 54 autres personnes en plus de moi... »

  8. 8) « C'est l'engagement. L'engagement à fond pour cette municipalité et son bilan. Pour ce territoire et ses habitants. Et une volonté de continuer à travailler de manière collective dans l'union des forces de gauche ». Encore un lieu commun. Quel sorte d'engagement peut être un engagement relatif ? Il est évident qu'il faut se donner « à fond » pour remplir ses objectifs politiques. Il lance cela parce que l'on pourrait en douter, n'est-ce pas ? Il désire l'union des forces de gauche parce qu'il croit qu'une liste Front de gauche peut handicaper sa campagne alors que la diversité des choix peut conduire des électeurs tentés par l'abstention à se déplacer jusqu'aux urnes. L'union n'est pas un objectif en soi. Elle se forme aussi en fonction du contexte. En 2008, il s'agissait aussi de sanctionner N. Sarkozy et d'en finir avec 19 ans de gestion de droite à Amiens.

  9. 9) La conviction qu'il pouvait prétendre à la mairie d'Amiens « s'est construite au fur et à mesure de l'expérience acquise et de la pratique du modèle collectif de travail en équipe que nous avons réalisé ». C'est lourd ! modèle collectif de travail en équipe ! On se croirait dans un kolkhoze avec l'apparition du mot modèle et cette redondance du collectif et de l'équipe. Tout cela vise à masquer le fait qu'il n'y a jamais eu d'équipe et qu'ils étaient 3 ou 4 à prendre les décisions. Le refus de dire la vérité montre que Th. Bonté ne changera rien fondamentalement à la gestion de la Ville par G. Demailly.

La conclusion, c'est B. Delespierre qui la donne avec sa photo. En effet, on voit Th. Bonté flou au premier plan alors que le vélo et les pots de fleurs en arrière-plan sont bien nets. Ou le journaliste du Courrier Picard a besoin de toute urgence d'une formation en mise au point photographique, ou il l'a fait exprès pour montrer tout le côté brumeux du numéro de charme de l'indistinct Th. Bonté.

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Pourquoi G. Demailly a-t-il interrompu son dernier séminaire d'Amiens-Métropole ?

2 Juillet 2013 , Rédigé par Cédric Maisse

1) Ce mardi 2 juillet, en début d'après-midi, G. Demailly, président d'Amiens-Métropole, se lève pour lancer à l'assemblée des délégués encore présents : « Nous présentons des documents chiffrés sur le budget 2014. Nous voulons débattre librement sans qu'il y ait de tweets qui retranscrivent en direct ce que nous disons. Cela fait 24 heures que cela dure. J'arrête ce séminaire immédiatement. » C'est vrai, j'ai écrit quelques tweets pour passer le temps. Des débats ? Il n'y en avait aucun, tout était verrouillé. Les interventions se réduisaient à des exposés sur la Région (lundi après-midi) ou le Département (mardi matin) présentés par des techniciens et non des élus de ces collectivités. À quelques mois des élections municipales, c'était hors-sujet.

2) G. Demailly n'a aucun humour. C'est un mandarin, un agélaste dirait Rabelais.

3) G. Demailly a soudainement compris que l'idée de faire un séminaire juste pour faire croire qu'il maîtrise encore les événements était vaine. À la place, il aurait dû préparer son bilan avec les élus présents mais comme il a toujours tout décidé seul dans son coin, c'était un exercice impossible à faire.

4) Il y avait très peu de délégués d'Amiens. G. Demailly a donc pris conscience que l'on ne respectait plus son statut de chef de la majorité. À quoi bon poursuivre un séminaire qui ne sert à rien ?

5) Il voulait peut-être rentrer plus tôt chez lui comme la grande majorité des quelques délégués encore présents en ce début de mardi après-midi.

6) Il ne voulait pas passer des heures sur un budget 2014 qu'il ne mettra pas en œuvre.

7) Il a oublié tous ses discours sur le "devoir de critique", la démocratie participative et la nécessité d'une gestion transparente de la collectivité.

Mes quelques gazouillis (= les tweets) et ceux de M.-H. Loew n'ont révélé, avec légèreté, que la réalité de la situation.

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