Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Cédric Maisse

Un débat sur un plateau pour Barbara Pompili

15 Juin 2017 , Rédigé par Cédric Maisse

En début de semaine, nous avons demandé à toute force un débat. En effet, Barbara Pompili avait dépêché sa suppléante à celui organisé par France bleu Picardie. En outre, dans plusieurs départements, nombre de candidats d' « En marche » ne voulait pas se risquer à cet exercice. C'est déjà une victoire que de l'avoir obtenu.

Seulement le thème principal choisi en toute "indépendance" par la rédaction de France 3 Picardie permettait à Barbara Pompili de faire un beau tour de passe-passe. Son objectif était de faire oublier qu'elle était au service de Macron pour revenir à ce qui fait son identité : la couleur verte.

Attention, je ne dis pas qu'il y a eu entente. Ce serait trop visible et maladroit. Il suffit juste d'aller au devant des désirs d'un membre du gouvernement. La neutralité des médias, surtout ceux qui ont le plus d'audience, est un mythe. Il y a un consensus pour critiquer l'ancienne chaîne d'Etat, l'ORTF , mais c'est pour mieux désamorcer les critiques présentes.

Décomposons le débat. Les deux tiers du temps ont été consacrés aux questions d'environnement. Barbara Pompili déroulait son discours en souriant. Elle a dû en faire beaucoup des stages en « media training » à l'américaine ! Par exemple, ce truc de sourire pour donner une belle image et évacuer le stress... Je ne suis évidemment pas sur ce registre. J'étais fatigué. La rédaction de France 3 a procédé de manière à TOUJOURS me faire répondre en premier aux questions. Cela offrait à mon adversaire l'occasion de reprendre à son compte mon discours et de le corriger à sa façon. C'était systématique. Cela allait très vite et, à la fin, j'ai éprouvé une grande lassitude. Impossible de déployer son propre discours. Je me trouvais de plus en plus enfermé.

Imaginons l'inverse. Imaginons que le thème soit par exemple l'éducation dont on n'a trop peu parlé pendant toutes des élections. La journaliste aurait d'abord posé des questions à Barbara Pompili, puis j'aurais pris ensuite la parole. Tout est clair. J'aurais eu un rôle dominant.

J'ai téléphoné le matin précédant le débat à la rédaction de France 3 Picardie pour tenter de le rééquilibrer. Peine perdue. Ils ont choisi en toute indépendance. Quand j'ai affirmé que cela avantageait Madame Pompili, j'ai eu une réponse scandalisée comme quoi je n'avais pas le droit de dire cela... Pourtant, au quotidien, on constate bien que les syndicalistes ont toujours la parole en dernier et très brièvement (et parfois pas dut tout). Lors de grèves, France 3 privilégie toujours les paroles d'usagers en colère, ce qui lui permet de ne pas expliquer les RAISONS de cette grève et de tenter de la rendre impopulaire.

Dans ce terrain miné, j'a tout fait pour exposer nos propositions principales. C'est grâce aux électeurs que nous avons eu ce moment d'exposition exceptionnel. Et il nous faut absolument des députés de la France insoumise afin d'avoir à l'assemblée des relais pour nos luttes futures, notamment contre la casse annoncée du code du travail...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article