Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Cédric Maisse

Pour l'Aube nouvelle, avoir des élus est un moyen et non une fin

31 Mars 2015 , Rédigé par Cédric Maisse

L'équipe de l'Aube nouvelle se réjouit de la victoire du Front de gauche dans le canton d'Amiens 1. Dans les autres cantons, les résultats confirment ceux des élections municipales. Nous avons ouvert des perspectives pour le développement d'une dynamique de progrès social à Amiens et dans une partie du département. Les médias locaux se sont empressés de nous noyer dans le fourre-tout de la gauche rassemblée pour réduire le paysage politique à un triptyque PS-UMP-FN. Ils ne veulent surtout pas mettre en valeur notre succès et les idées que nous défendons en bon relais de la stratégie gouvernementale. Le PS fait une politique de droite tout en exigeant l'union de la gauche sous sa direction. Il utilise le FN pour nous forcer à se grouper derrière lui. Ainsi il se dispense de justifier sa politique d'austérité. Il compte sur le sursaut républicain des citoyens pour le deuxième tour. C'est un jeu très dangereux. Le PS a connu un échec dans le canton de Corbie et gagne à 163 voix près dans celui de Montdidier. Ce n'est qu'en faisant une vraie politique de gauche que l'on fera reculer la droite et l'extrême-droite et non en nous forçant à une unité factice.

Le dimanche 22 mars, au soir du premier tour, a eu lieu une assemblée générale pour analyser les résultats. A l'Aube nouvelle, nous tenons à ce que chacun puisse s'exprimer et participer au processus de décision. C'est un principe démocratique essentiel. En effet, notre république souffre du fait que les processus de désignation des candidats par les partis n'obéissent que très rarement aux principes essentiels de la démocratie. Il y a là une contradiction qui affaiblit la légitimité des candidats. Et, non seulement, nous tenons à débattre mais nous voulons aussi en rendre compte. Nous en publions donc ici la synthèse que nous n'avons pas pu rédiger tant nous étions pris par la campagne d'entre deux tours.

Nous avons d'abord confiance dans l'intelligence des électeurs. Nous ne sommes pas propriétaires de leur voix. Les électeurs ne suivent plus trop les indications données par les candidats. Nous menons une lutte à la fois contre le FN et contre la finance. Le Front de gauche a fait surtout face au PS car c'est ce parti qui gouverne. Nous incarnons une dynamique qui ouvre des perspectives pour l'avenir.

Le FN fait 34 % dans le canton Amiens 1 mais ce n'est pas insurmontable. Il faut s'adresser aux abstentionnistes. Nous devons lutter contre le FN et éviter qu'il obtienne des points d'appui locaux. Il faut appeler à ce qu'il n'y ait pas une seule voix pour lui. Il faut éviter qu'il gagne du terrain...

De nombreux électeurs expriment leur ras-le-bol du PS et l'UMP. Ils veulent les punir en votant FN mais ils n'adhèrent pas au discours de ce parti. Ils manifestent leur rejet de la politique et, parfois, on nous met dans le même sac que le reste de la gauche. Du fait de sa politique rétrograde, il est difficile de voter PS au deuxième tour. En plus le PS se sert du FN pour faire voter pour lui sans avoir d'autre programme que celui de Hollande-Valls-Macron.

Après cette discussion, nous adoptons le texte qui a été publié le lendemain.

C'est alors que le mercredi 25 mars un tract de deuxième tour est édité par Claude Chaidron et Dolorès Esteban sur lequel figurent les soutiens de la fédération du PCF de la Somme (à qui l'on reconnaît à présent la qualité de Front de gauche alors qu'on la contestait juste avant le premier tour), de celles du PS, du PRG et d'EELV avec en prime ceux plus personnels des députés B. Pompili et P. Demarthe. Un camarade intervient pour montrer l'incohérence de ce tract. Il avait, la veille encore, fait du porte-à-porte, pendant lequel il avait critiqué le FN mais aussi le PS qui était responsable du succès de l'extrême-droite du fait de sa politique antisociale. Et brusquement, sans explication, les candidats titulaires lui demandaient de distribuer un tract laissant croire à notre quasi-ralliement à cette gauche qui se dit « rassemblée » qui n'a pas cessé de nous mépriser. Nous avons souligné alors que ce tract avait été rédigé sans tenir compte des discussions de l'assemblée générale du dimanche précédent. Au moins, on aurait pu consulter les militants et les candidats suppléants. Nous allions obtenir une révision du tract quand on nous a dit qu'il n'y avait plus assez d'argent pour la campagne. Le temps et l'argent ne font rien à l'affaire face à l'importance politique du message. Nous sommes confiants dans notre capacité à convaincre les électeurs sans recourir à des soutiens que nous récusons. Faut-il croire que nos candidats ne pensent pas que nos idées soient en mesure de susciter l'adhésion des habitants du canton ? Le communisme serait-il donc vieillot et ringard au point que l'on ait besoin de le cacher ? Dans ce cas pourquoi ne pas s'être rallié au PS dès le premier tour ?

Mais l'essentiel est bien qu'une décision prise démocratiquement en assemblée générale n'a pas été respectée.

Cette rupture du lien démocratique entre ceux qui dirigent la campagne et les militants a pour effet de disloquer notre mouvement et amoindrit le sens de notre victoire électorale. Personne ne se pose jamais cette question hormis les membres les plus conscients de l'Aube nouvelle : des élus pour quoi faire ? Ce n'est pas une simple question de parti, ni d'étiquette.

Il est nécessaire de faire le bilan de cette étrange campagne et de redéfinir de la manière la plus rationnelle possible le projet de l'Aube nouvelle.

Les fondements en ont déjà été exprimés dans le numéro 32 de l'Aube nouvelle du 12 novembre 1921, par Paul Hévin : « Au groupe communiste d'Amiens, nous entendons imposer un mandat impératif rigoureux à tous nos candidats et nous entendons que tous nos élus, si élus il y a un jour, ce qui ne nous enthousiasme pas outre mesure, restent nos camarades, ne deviennent pas nos maîtres. »

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article